Mis a jour le 19/05/2021
Grossesse
Etat des connaissances
- Aspect malformatif
- Les données publiées chez les femmes héroïnomanes en cours de grossesse sont très nombreuses, et aucun effet malformatif particulier n’est associé à la prise d’héroïne.
- Aspect fœtal
- L’héroïne passe le placenta.
- Les retards de croissance in utero et les morts fœtales sont augmentés, mais il est impossible de dissocier la responsabilité propre de l’héroïne de celle des conditions de vie maternelles (précarité, troubles nutritionnels, infections, polyconsommations…).
- Aspect néonatal
- Syndrome de sevrage néonatal :
- Il survient chez 40 à 80% des nouveau-nés.
- Il apparaît dans les 12 à 72 premières heures de vie.
- Il dure en général moins de 3 semaines.
- Les symptômes associent : trémulations (voire convulsions), irritabilité, éternuements, cri aigu incessant, vomissements, fièvre, diarrhée…
- Une dépression respiratoire néonatale est possible en cas de prise d’héroïne juste avant l’accouchement.
- Syndrome de sevrage néonatal :
- Effets à distance
- Quelques études évoquent une possibilité de déficits intellectuels ou de troubles du comportement chez les enfants exposés in utero. Ces résultats doivent être interprétés avec la plus grande prudence en raison de nombreux facteurs associés pouvant avoir une influence sur ces résultats.
En pratique
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Il est souhaitable d’envisager toutes les mesures destinées à éviter la poursuite de l’héroïne dans la perspective d’une grossesse
- Grossesse
- Rassurer la femme enceinte quant au risque malformatif de l’héroïne en cas d’exposition au 1er trimestre de la grossesse.
- Pour la suite de la grossesse :
- Il est souhaitable d’accompagner la femme enceinte vers les mesures destinées à éviter la poursuite de l’héroïne.
- Une prise en charge adaptée peut être entreprise avec un traitement de substitution aux pharmacodépendances majeures aux opiacés (cf. buprénorphine et méthadone).
- L’exposition à d’autres substances sera recherchée et prise en charge le cas échéant (cf. alcool, cocaïne, ecstasy, tabac et cannabis).
- En cas de poursuite de la consommation d’héroïne au 2ème et/ou 3ème trimestre :
- La surveillance obstétricale tiendra compte des risques de retard de croissance intra-utérin, ainsi que des infections concomitantes.
- Les intervenants prenant en charge le nouveau-né devront être avertis de l’exposition maternelle de manière à adapter leur surveillance.
Allaitement
Etat des connaissances
- Il n’y a pas de donnée sur le passage de l’héroïne et de son métabolite actif 6 mono-acétylmorphine dans le lait maternel.
- L’héroïne et son métabolite actif 6 mono-acétylmorphine se métabolisent en morphine dont le passage dans le lait est documenté.
- Par ailleurs l’héroïne peut être contaminée par des substances potentiellement dangereuses.
En pratique
- Au vu des données disponibles sur l’héroïne et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), sa prise n’est pas compatible avec l’allaitement maternel.
- Rappelons qu’une prise en charge maternelle adaptée peut être entreprise pendant l’allaitement avec un traitement de substitution aux pharmacodépendances majeures aux opiacés (cf. buprénorphine et méthadone).