Méthadone

Dependance

METHADONE APHP®

Mis a jour le 06/02/2026

Grossesse

Etat des connaissances

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à la méthadone au 1er trimestre de la grossesse sont très nombreuses et aucun effet malformatif attribuable au traitement n’est retenu à ce jour.
  • Aspect fœtal et néonatal
    • La méthadone passe le placenta. Les concentrations néonatales peuvent représenter jusqu’à environ 60% des concentrations maternelles.
    • Un syndrome de sevrage néonatal aux opiacés est probable en cas de prise chronique de méthadone jusqu’à l’accouchement.
      • Il survient dans un délai de quelques heures à quelques jours après la naissance.
      • Sa survenue et sa gravité ne dépendent pas forcément de la posologie maternelle.
      • Ce syndrome se manifeste notamment par une irritabilité, des trémulations, un cri aigu et une hypertonie.
  • Aspect neurodéveloppemental
    • Chez les enfants exposés in utero à un traitement substitutif pour les troubles de l’usage d’opioïdes (méthadone ou buprénorphine), des altérations neurodéveloppementales (cognitives, psychomotrices, comportementales…) ont été retrouvées dans certaines études pour la plupart les comparant à des enfants non exposés de mères n’ayant pas de trouble de l’usage d’opioïdes. Le rôle propre du traitement substitutif maternel, s’il existe, ne peut être précisé à ce jour en raison de nombreux facteurs pré et post-natals (maternels, familiaux, socio-environnementaux…) qui ne sont pas tous pris en compte dans ces études.
  • Aspect maternel
    • En raison d’une augmentation du métabolisme hépatique de la méthadone chez la femme enceinte, une diminution de ses concentrations plasmatiques est possible en cours de grossesse.

En pratique

  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Une consultation préconceptionnelle permettra de faire le point sur la situation clinique et le traitement de la patiente en vue d’une future grossesse.
    • La méthadone peut être poursuivie dans la perspective d’une grossesse.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif de la méthadone.
    • Pour la suite de la grossesse, voir ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
  • Traiter une femme enceinte
    • Il est possible d’utiliser la méthadone quel que soit le terme de la grossesse.
    • Les posologies devront parfois être augmentées en cours de grossesse pour maintenir l’efficacité de la substitution.
    • Informer l’équipe de la maternité du traitement maternel pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (syndrome de sevrage aux opiacés probable cf. Etat des connaissances).
    • Suivi de l’enfant à long terme :
      • Comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, et en raison des résultats évoqués plus haut, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement (cf. Etat des connaissances).

Allaitement

Etat des connaissances

  • La quantité de méthadone ingérée via le lait est faible : l’enfant reçoit environ 3% de la dose maternelle (en mg/kg) (calcul effectué sur les dosages réalisés chez environ 90 patientes).
  • Aucun évènement particulier n’est retenu sur un effectif d’une trentaine d’enfants allaités de mères sous méthadone.

En pratique

  • Au vu des données disponibles sur la méthadone et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), son utilisation est possible en cours d’allaitement.
  • Ceci sera reconsidéré en cas de prise d’autres substances : alcool, toxiques, psychotropes…
  • L’allaitement ne permet pas de prévenir ou de traiter un syndrome de sevrage à la méthadone chez le nouveau-né car les quantités ingérées via le lait sont insuffisantes.

Voir aussi

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