BUPENSAN® – BUVIDAL® – OROBUPRE® – SUBUTEX® – TEMGESIC®
Mis a jour le 06/02/2026
Grossesse
Etat des connaissances
- Aspect malformatif
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à la buprénorphine au 1er trimestre de la grossesse sont très nombreuses et aucun effet malformatif attribuable au traitement n’est retenu à ce jour.
- Aspect fœtal et néonatal
- La buprénorphine et son métabolite actif, la nor-buprénorphine, passent le placenta : les concentrations néonatales peuvent représenter jusqu’à 50 et 65% respectivement des concentrations maternelles.
- Un syndrome de sevrage néonatal aux opiacés est probable en cas de prise chronique de buprénorphine jusqu’à l’accouchement.
- Il survient dans un délai de quelques heures à quelques jours après la naissance.
- Sa survenue et sa gravité ne dépendent pas forcément de la posologie maternelle.
- Ce syndrome se manifeste notamment par une irritabilité, des trémulations, un cri aigu et une hypertonie.
- Aspect neurodéveloppemental
- Chez les enfants exposés in utero à un traitement substitutif pour les troubles de l’usage d’opioïdes (méthadone ou buprénorphine), des altérations neurodéveloppementales (cognitives, psychomotrices, comportementales…) ont été retrouvées dans certaines études pour la plupart les comparant à des enfants non exposés de mères n’ayant pas de trouble de l’usage d’opioïdes. Le rôle propre du traitement substitutif maternel, s’il existe, ne peut être précisé à ce jour en raison de nombreux facteurs pré et post-natals (maternels, familiaux, socio-environnementaux…) qui ne sont pas tous pris en compte dans ces études.
- Aspect maternel
- En raison d’une augmentation du métabolisme hépatique de la buprénorphine chez la femme enceinte, une diminution de ses concentrations plasmatiques est possible en cours de grossesse.
En pratique
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Une consultation préconceptionnelle permettra de faire le point sur la situation clinique et le traitement de la patiente en vue d’une future grossesse.
- La buprénorphine peut être e poursuivie dans la perspective d’une grossesse.
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif de la buprénorphine.
- Pour la suite de la grossesse, voir ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
- Traiter une femme enceinte
- Il est possible d’utiliser la buprénorphine quel que soit le terme de la grossesse.
- Les posologies devront parfois être augmentées en cours de grossesse pour maintenir l’efficacité de la substitution.
- Informer l’équipe de la maternité du traitement maternel pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
- Suivi de l’enfant à long terme :
- Comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, et en raison des résultats évoqués plus haut, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement (cf. Etat des connaissances).
Allaitement
Etat des connaissances
- La quantité de buprénorphine et de son métabolite actif (norbuprénorphine) ingérée via le lait est très faible : l’enfant reçoit environ 1% de la dose maternelle (en mg/kg) (calcul effectué sur les dosages réalisés chez une trentaine de patientes).
- Aucun événement particulier n’est retenu sur un effectif d’une trentaine d’enfants allaités de mères sous buprénorphine.
- La biodisponibilité de la buprénorphine par voie orale est faible.
En pratique
- Au vu des données disponibles sur la buprénorphine et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), son utilisation est possible en cours d’allaitement.
- Ceci sera reconsidéré en cas de prises d’autres substances : alcool, toxiques, psychotropes…
- L’allaitement maternel ne permet pas de prévenir ou de traiter un syndrome de sevrage à la buprénorphine chez le nouveau-né car les quantités ingérées via le lait sont insuffisantes.