Aspirine = Acide acétylsalicylique
ALKASELTZER® – ASPEGIC® – ASPIRINE PROTECT® – ASPRO® – KARDEGIC® – RESITUNE®
Mis a jour le 28/03/2024
Grossesse
Etat des connaissances
- Aspect malformatif
- Les données chez les femmes enceintes exposées à l’aspirine au 1er trimestre de la grossesse sont très nombreuses et aucun effet malformatif attribuable au traitement n’est retenu à ce jour.
- Aspect fœtal et néonatal
- Aux doses ≥ 500 mg/jour l’aspirine peut provoquer une toxicité fœtale et/ou néonatale cardio-vasculaire et/ou rénale, parfois irréversible, voire fatale, en particulier à partir du début du 6ème mois de grossesse (24 semaines d’aménorrhée) :
- constriction partielle ou totale du canal artériel, avec les conséquences cardiaques et vasculaires qui en découlent (insuffisance cardiaque, atteintes de l’arbre vasculaire pulmonaire…), voire une mort fœtale in utero. Plus le terme avance, plus le risque d’accident aigu est élevé.
- atteinte de la fonction rénale (oligo- ou anamnios, oligurie ou anurie, lésions histologiques rénales…).
- cette toxicité fœtale est majorée par une durée de prise longue.
- l’appareil cardio-pulmonaire et la fonction rénale du fœtus sont en place dès l’organogenèse (2 premiers mois de grossesse). Leur maturation fait l’objet d’un continuum tout au long de la grossesse. L’exposition à l’aspirine ≥ 500 mg/j avant 24 SA, en particulier en prise chronique, doit donc être prudente.
- Les atteintes décrites ci-dessus sont consécutives à une inhibition de synthèse des prostaglandines. Ce mécanisme d’action est commun à tous les AINS, y compris les inhibiteurs sélectifs de COX2 et l’aspirine ≥ 500 mg/j.
- Aux doses anti-agrégantes plaquettaires, l’aspirine n’a pas d’effet sur les fonctions rénale et cardiaque du fœtus et n’entraîne pas de complications hémorragiques materno-fœtales.
- Aux doses ≥ 500 mg/jour l’aspirine peut provoquer une toxicité fœtale et/ou néonatale cardio-vasculaire et/ou rénale, parfois irréversible, voire fatale, en particulier à partir du début du 6ème mois de grossesse (24 semaines d’aménorrhée) :
- Effets à long terme
- Les effets suivants ont été évoqués chez les enfants exposés in utero à l’aspirine : cryptorchidies, asthme / respiration sifflante …
A ce jour, les données cliniques disponibles et les biais méthodologiques des études publiées ne permettent pas de retenir un lien de causalité.
- Les effets suivants ont été évoqués chez les enfants exposés in utero à l’aspirine : cryptorchidies, asthme / respiration sifflante …
En pratique
| L’utilisation ponctuelle ou chronique d’aspirine à doses ≥ 500 mg/j est formellement contre-indiquée à partir du début du 6ème mois de grossesse (24 SA), y compris en prise unique. |
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Aux doses anti-agrégantes plaquettaires (jusqu’à environ 300 mg/j) : il n’est pas justifié d’arrêter ou de modifier le traitement en vue d’une grossesse.
- Aux doses chroniques supérieures ou égales à 500 mg/j :
- une consultation préconceptionnelle est souhaitable pour réévaluer la prise en charge thérapeutique de la pathologie, dans la mesure où l’aspirine à posologie ≥ 500 mg/j est contre-indiquée à partir de 24 SA, y compris en prise unique (cf. Etat des connaissances).
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif de l’aspirine en cas d’exposition au 1er trimestre de grossesse.
- Si la poursuite d’un traitement est nécessaire, cf. ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
- Traiter une femme enceinte
- Pas d’automédication : toute prise doit être validée par un professionnel de santé.
- Aux doses anti-agrégantes plaquettaires (jusqu’à environ 300 mg/j), l’utilisation de l’aspirine est possible tout au long de la grossesse, de principe à la posologie efficace la plus faible possible.
- Aux fortes doses : ≥ 500 mg/j
- Avant 24 SA : l’utilisation d’aspirine à doses ≥ 500 mg/j est possible ponctuellement. On évitera si possible les prises chroniques (cf. Etat des connaissances).
- Au-delà de 24 SA : l’utilisation de l’aspirine à doses ≥ 500 mg/j est formellement contre-indiquée, y compris en prise unique (cf. Etat des connaissances).
- Conduite à tenir en cas d’exposition à forte dose ≥ 500 mg/j au-delà de 24 SA, y compris en prise unique
- Un retentissement fœtal est possible et nécessite un contrôle de la vitalité et de certains paramètres fœtaux (cardiaques…) (cf. Etat des connaissances).
- Cette surveillance sera si possible maintenue pendant le temps d’élimination complète de la molécule par la mère, c’est-à-dire au moins 5 demi-vies d’élimination plasmatique.
Allaitement
Etat des connaissances
- La quantité d’aspirine ingérée via le lait varie en fonction de la posologie et de la durée du traitement maternel.
- Lors d’une prise maternelle unique d’aspirine de 500 mg à 1500 mg, la quantité ingérée par l’enfant via le lait est faible. Il reçoit 2 à 14% de la dose pédiatrique de 10 mg/kg (dosage effectué dans le lait chez une cinquantaine de mères).
- Lors d’une prise maternelle chronique d’aspirine à dose anti-agrégante plaquettaire, la quantité ingérée par l’enfant via le lait est très faible. L’enfant reçoit moins de 1 % de la dose maternelle (en mg/kg) (dosages réalisés chez des patientes recevant 81 mg/j) . A ces posologies maternelles, aucun événement inquiétant n’a été signalé chez les enfants allaités.
- Lors d’une prise maternelle chronique d’aspirine ≥ 2 g/j, la quantité ingérée par l’enfant est importante en raison d’un risque d’accumulation dans le lait. Les concentrations sanguines chez l’enfant sont alors proches des concentrations thérapeutiques (mesures effectuées sur un petit effectif).
En pratique
- Au vu des données disponibles sur l’aspirine et l’allaitement (cf. Etat des connaissances) :
- La prise ponctuelle d’aspirine est possible en cours d’allaitement, quelle que soit la posologie.
- La prise chronique d’aspirine à visée anti-agrégante plaquettaire (jusqu’à environ 300 mg/j) est possible en cours d’allaitement, de principe à la posologie efficace la plus faible possible.
- La prise répétée d’aspirine à posologie antalgique ou anti-inflammatoire est contre-indiquée en cours d’allaitement.