Clonazépam

RIVOTRIL®

Mis a jour le 04/04/2025

Grossesse

Etat des connaissances

  • Passage placentaire
    • Le clonazépam passe le placenta. A terme, les concentrations néonatales mesurées dans le sang de cordon sont proches des concentrations plasmatiques maternelles.
  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au clonazépam au 1er trimestre de la grossesse sont très nombreuses et aucun effet malformatif particulier attribuable à ce médicament n’est retenu à ce jour.
    • Il en est de même pour les benzodiazépines en général, quelles que soient la molécule et la voie d’administration (pour plus d’informations).
  • Aspect fœtal
    • Une diminution des mouvements actifs fœtaux et/ou de la variabilité du rythme cardiaque fœtal a parfois été observée lors de prises d’une benzodiazépine aux 2ème et/ou 3ème trimestres de grossesse, en particulier à fortes doses. Ces signes sont réversibles à l’arrêt ou à la diminution du traitement.
  • Aspect néonatal
    • Les benzodiazépines utilisées jusqu’à l’accouchement peuvent entraîner chez le nouveau-né deux types d’événements transitoires qui peuvent se succéder :
      • Des signes d’imprégnation, tels qu’une sédation, une hypotonie axiale et des troubles de la succion entraînant une mauvaise prise de poids, en particulier à forte dose. Ces signes sont réversibles, mais peuvent durer de 1 à 3 semaines en fonction de la demi-vie d’élimination plasmatique de chaque benzodiazépine.
      • Moins fréquemment, un syndrome de sevrage néonatal lors de traitements maternels chroniques, même à faibles doses, poursuivis jusqu’à l’accouchement ou arrêtés brutalement quelques jours avant. Il est caractérisé notamment par une hyperexcitabilité, une agitation et des trémulations néonatales, survenant à distance de l’accouchement. Son délai d’apparition dépend de la demi-vie d’élimination plasmatique de la benzodiazépine. Plus celle-ci est longue, plus le délai est important.
  • Aspect neurodéveloppemental
    • Des données sont disponibles pour plus de 2400 enfants exposés in utero au clonazépam et âgés en moyenne de 3,5 ans à 8 ans selon les études.
    • Lorsqu’elle est connue, la durée d’exposition intra-utérine au clonazépam est le plus souvent limitée au 1er trimestre de la grossesse.
    • Chez les enfants de mères épileptiques traitées (près de 300 enfants), les données disponibles ne mettent pas en évidence de répercussion neurodéveloppementale particulière d’une exposition in utero au clonazépam.
    • Les effets sur le neurodéveloppement retrouvés dans des études récentes pourraient être expliqués par des pathologies maternelles autres que l’épilepsie (pathologies psychiatriques …) et /ou des facteurs de confusion non pris en compte.

En pratique

Il est important que l’épilepsie soit bien équilibrée tout au long d’une grossesse. Ne pas arrêter ou modifier un traitement antiépileptique sans l’avis du spécialiste
  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin :
      • de faire le point sur la pathologie et son traitement en vue d’une future grossesse.
      • d’informer la patiente de l’état des connaissances relatif au clonazépam.
    • L’utilisation du clonazépam est possible dans la perspective d’une grossesse.
      • A noter cependant qu’à ce jour, les données disponibles sur le neurodéveloppement des enfants exposés in utero sont plus importantes avec d’antres anticonvulsivants (cf. Antiépileptiques – Grossesse).
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes épileptiques traitées, (cf. Acide folique et prévention des malformations congénitales).
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Ne pas arrêter le traitement sans un avis spécialisé.
    • Rassurez la patiente quant au risque malformatif du clonazépam.
    • Pour la suite de la grossesse, voir « Traiter une femme enceinte ».
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes épileptiques traitées, (cf. Acide folique et prévention des malformations congénitales).
  • Traiter une femme enceinte
    • L’utilisation du clonazépam est possible quel que soit le terme de la grossesse, à posologie efficace.
      • A noter cependant qu’à l’heure actuelle, on dispose de plus de données avec d’autres anticonvulsivants pour le neurodéveloppement des enfants exposés in utero (cf. Antiépileptiques – Grossesse).
    • Si le clonazépam est poursuivi jusqu’à l’accouchement, les intervenants prenant en charge le nouveau-né seront de principe informés du traitement maternel afin d’adapter sa prise en charge (cf. Etat des connaissances).
    • Suivi à long terme des enfants exposés in utero :
      • Bien qu’aucun effet particulier ne soit décrit ce jour chez les enfants de mères épileptiques traitées par clonazépam (cf. Etat des connaissances), comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement in utero, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes traitées,(cf. Acide folique et prévention des malformations congénitales).

Allaitement

Etat des connaissances

  • La quantité de clonazépam ingérée via le lait semble assez faible : la dose reçue par l’enfant représente au maximum 4% de la dose maternelle (en mg/kg).
  • Dans la littérature, parmi une trentaine d’enfants allaités, quelques-uns ont présenté des effets indésirables (sédation, hypotonie, apnée) compatibles avec le profil pharmacologique du clonazépam.
  • La demi-vie d’élimination plasmatique du clonazépam est longue : jusqu’à 60 heures. Ceci est un facteur de risque d’accumulation chez l’enfant allaité.

En pratique

  • Au vu des données disponibles sur le clonazépam et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), il est préférable de ne pas allaiter sous clonazépam.

Voir aussi

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