Cotrimoxazole
BACTRIM®
Mis a jour le 22/10/2025
Grossesse
Etat des connaissances
- Aspect malformatif
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au cotrimoxazole au 1er trimestre de la grossesse sont très nombreuses.
- Un doublement de la fréquence globale des malformations par rapport à la population générale a été évoqué.
- Les malformations retrouvées sont principalement des anomalies de fermeture du tube neural, et dans une moindre mesure des cardiopathies congénitales et des fentes orofaciales.
- Ces données doivent être confirmées.
- Le mécanisme en cause pourrait être l’action anti-folates du triméthoprime.
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au cotrimoxazole au 1er trimestre de la grossesse sont très nombreuses.
- Aspect fœtal et néonatal
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au cotrimoxazole au 2ème et/ou 3ème trimestre de la grossesse sont très nombreuses.
- Aucun ictère néonatal n’a été rapporté chez les nouveau-nés de mères exposées au sulfaméthoxazole en fin de grossesse.
En pratique
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- On préférera si possible ne pas utiliser le cotrimoxazole durant les 10 premières semaines d’aménorrhée en raison d’une suspicion d’augmentation de certaines malformations avec ce traitement (cf. Etat des connaissances).
- En cas de traitement chronique par cotrimoxazole, envisager une alternative thérapeutique dans la perspective d’une grossesse et pendant les 10 premières semaines d’aménorrhée ; si nécessaire, contacter le CRAT.
- En l’absence d’alternative :
- Informer la patiente des effets évoqués.
- Prescrire une supplémentation en acide folique au moins un mois avant et pendant les deux premiers mois de la grossesse est en théorie logique (cf. Etat des connaissances). L’efficacité de cette mesure n’est pas démontrée dans ce contexte, mais par analogie avec d’autres situations on peut proposer 5 mg/j.
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- En cas d’exposition avant 10 semaines d’aménorrhée :
- Informer la patiente des effets évoqués et prévoir la réalisation d’une échographie à visée diagnostique ciblée notamment sur les malformations décrites (cf. Etat des connaissances).
- Prescrire une supplémentation en acide folique est en théorie logique (cf. Etat des connaissances). L’efficacité de cette mesure n’est pas démontrée, mais par analogie avec d’autres situations on peut proposer 5 mg/j.
- En cas de prise du cotrimoxazole après 10 semaines d’aménorrhée :
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif du cotrimoxazole.
- En cas de besoin, le cotrimoxazole pourra être poursuivi pendant la durée prévue, voir ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
- En cas d’exposition avant 10 semaines d’aménorrhée :
- Traiter une femme enceinte
- Avant 10 semaines d’aménorrhée :
- On préférera un autre antibiotique en raison d’une suspicion d’augmentation de certaines malformations avec le cotrimoxazole (cf. Etat des connaissances).
- En l’absence d’alternative, son utilisation est envisageable en lui associant une supplémentation en acide folique. L’efficacité de cette mesure n’est pas démontrée, mais par analogie avec d’autres situations on peut proposer 5 mg/j pendant la durée du traitement par cotrimoxazole.
- Informer la patiente des effets évoqués et prévoir la réalisation d’une échographie à visée diagnostique ciblée notamment sur les malformations décrites (cf. Etat des connaissances).
- Au-delà de 10 semaines d’aménorrhée : l’utilisation du cotrimoxazole est possible.
- Avant 10 semaines d’aménorrhée :
Si une de vos patientes est exposée au cotrimoxazole au 1er trimestre de la grossesse, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT afin d’enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme enceinte.
Allaitement
Etat des connaissances
- La quantité de cotrimoxazole ingérée via le lait est faible : l’enfant reçoit environ 2% de la dose maternelle de sulfaméthoxazole et environ 6% de la dose maternelle de triméthoprime (en mg/kg) (calcul effectué sur les dosages réalisés chez 70 femmes).
- Aucun évènement particulier n’est retenu sur un effectif d’une douzaine d’enfants allaités de mères sous cotrimoxazole.
En pratique
- Au vu des éléments disponible sur le cotrimoxazole et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), son utilisation est possible chez une femme qui allaite sauf si l’enfant est susceptible d’être déficitaire en G6PD.
Attention à éviter de débuter une grossesse sous cotrimoxazole.