Aminophylline
Mis a jour le 12/09/2025
Grossesse
Etat des connaissances
- Aspect malformatif
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à la théophylline, libérée par l’aminophylline, au 1er trimestre de la grossesse sont nombreuses et aucun effet malformatif particulier attribuable à ce médicament n’est retenu à ce jour.
- La théophylline n’est pas tératogène chez l’animal.
- Aspect fœtal et néonatal
- Le passage placentaire de la théophylline est important et les concentrations plasmatiques néonatales sont égales voire supérieures à celles de la mère.
- Chez le nouveau-né, la demi-vie d’élimination plasmatique de la théophylline est très augmentée, de l’ordre de 30 heures, d’autant plus s’il est prématuré. Une transformation de la théophylline en caféine est observée chez le fœtus et le nouveau-né.
- En cas d’exposition en fin de grossesse, une tachycardie, une irritabilité et des trémulations peuvent apparaître transitoirement chez le nouveau-né.
- Aspect maternel
- En cours de grossesse, les concentrations plasmatiques de théophylline peuvent augmenter, entraînant un risque de surdosage maternel.
En pratique
| Chez la femme enceinte, l’asthme doit être traité aussi efficacement qu’en dehors de la grossesse. En effet, un asthme mal équilibré peut avoir un effet délétère sur la grossesse/le nouveau-né (prématurité, petit poids de naissance…). Penser à vacciner une femme enceinte asthmatique contre la grippe saisonnière lorsque la grossesse couvre tout ou partie de la période d’épidémie. |
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif de l’aminophylline.
- Si un traitement doit être poursuivi, voir ci-dessous : « Traiter une femme enceinte »
- Traiter une femme enceinte
- Compte tenu du bénéfice thérapeutique, l’utilisation de l’aminophylline est possible quel que soit le terme de la grossesse.
- Une surveillance de la théophyllinémie maternelle est souhaitable (cf. Etat des connaissances).
- Si l’aminophylline est administrée avant l’accouchement, sa longue demi-vie d’élimination plasmatique chez le nouveau-né (en moyenne 30 heures pour la théophylline) et la survenue éventuelle de troubles néonatals transitoires seront pris en compte lors de la surveillance en maternité (cf. Etat des connaissances).
Allaitement
Etat des connaissances
- L’aminophylline se transforme essentiellement en théophylline.
- La quantité de théophylline ingérée via le lait est variable :
- elle est faible après une prise orale unique d’environ 300 mg : l’enfant reçoit environ 3,6% de la dose maternelle (en mg/kg).
- elle est importante après une prise orale au long cours de 800 mg/j : l’enfant reçoit environ 10% d’une dose thérapeutique pédiatrique (en mg/kg).
- Par ailleurs, la demi-vie d’élimination plasmatique de la théophylline est très augmentée chez le nouveau-né, d’autant plus s’il est prématuré, ce qui l’expose à un risque d’effets indésirables.
- Un nouveau-né de quelques jours a présenté une irritabilité et un sommeil agité après chaque prise d’aminophylline par la mère.
En pratique
- Au vu des données disponibles sur l’aminophylline et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), il est préférable de ne pas allaiter en cas de traitement maternel par aminophylline.
- L’allaitement peut être repris environ 14 heures après la dernière administration d’aminophylline.