OXYCONTIN LP®

Mis a jour le 17/10/2024

Grossesse

Etat des connaissances

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l’oxycodone au 1er trimestre de la grossesse sont très nombreuses et aucun effet malformatif attribuable au traitement n’est retenu à ce jour.
  • Aspect fœtal et néonatal
    • L’oxycodone passe bien le placenta : les concentrations plasmatiques néonatales sont équivalentes aux concentrations plasmatiques maternelles.
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l’oxycodone au 2ème et/ou 3ème trimestre de la grossesse sont très nombreuses. L’utilisation de l’oxycodone en fin de grossesse peut être responsable chez le nouveau-né de différents types d’événements transitoires :
      • Un syndrome de sevrage néonatal lors de prises prolongées jusqu’à l’accouchement. Il survient dans les jours qui suivent la naissance et se manifeste notamment par une irritabilité, des trémulations, un cri aigu et une hypertonie.
      • Une sédation et une dépression respiratoire néonatale en cas d’utilisation de fortes doses juste avant ou pendant l’accouchement.
  • Aspect neurodéveloppemental
    • A ce jour, aucun élément ne permet de considérer qu’une exposition in utero à un antalgique opioïde dans le cadre d’une prise en charge ponctuelle de la douleur ait des conséquences sur le neurodéveloppement des enfants.

En pratique

  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin :
      • De faire le point sur la pathologie et son traitement en vue d’une future grossesse.
      • D’informer la patiente de l’état des connaissances relatif à l’oxycodone.
    • On préférera en effet si possible avoir recours à un autre antalgique, notamment en cas de traitement prolongé (cf. Antalgiques – Grossesse).
    • En l’absence d’alternative et si un traitement antalgique opioïde fort (palier 3) doit être maintenu, l’oxycodone pourra être poursuivie dans la perspective d’une grossesse.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif de l’oxycodone.
    • Si la poursuite d’un traitement est nécessaire, voir « Traiter une femme enceinte ».
  • Traiter une femme enceinte
    • On préférera si possible avoir recours à un autre antalgique, notamment en cas de traitement prolongé (cf. Antalgiques – Grossesse).
    • Si un antalgique de palier 3 est nécessaire, l’utilisation de l’oxycodone est possible quel que soit le terme de la grossesse, en limitant la durée du traitement au strict nécessaire.
    • Si l’oxycodone est poursuivie jusqu’à l’accouchement, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. Etat des connaissances).

Allaitement

Etat des connaissances

  • Dans les 3 premiers jours qui suivent l’accouchement
    • La quantité d’oxycodone ingérée par l’enfant via le lait (colostrum) peut atteindre 11,5% de la dose maternelle (en mg/kg).
    • Parmi une quarantaine de nouveau-nés allaités par des mères ayant reçu jusqu’à 90 mg/j d’oxycodone en dose décroissante sur les 72 premières heures du post-partum, l’oxycodone était indétectable dans le plasma sauf chez 1 nouveau-né qui avait des concentrations plasmatiques significatives à H48 et H72.
    • Deux des nouveau-nés allaités ont eu des signes légers de sédation.
  • Après les 3 premiers jours de vie
    • Il n’y a pas de donnée publiée sur le dosage de l’oxycodone dans le lait mature.
    • Chez les enfants allaités par des mères sous oxycodone, des signes de sédation ont été rapportés, et d’autres effets indésirables pourraient survenir (dépression respiratoire…).

En pratique

  • Au vu des données disponibles sur l ’oxycodone et l’allaitement (cf. Etat des connaissances) :
  • Dans les 3 premiers jours qui suivent l’accouchement :
    • Si un antalgique de palier 3 est nécessaire, on préférera si possible la morphine, mieux évaluée pendant l’allaitement.
    • Si la morphine ne convient pas, l’utilisation de l’oxycodone est envisageable pendant cette période sous réserve d’une surveillance de l’enfant allaité.
  • Après les 3 premiers jours de vie :
    • Il est préférable de ne pas allaiter sous oxycodone.
    • Si l’oxycodone est ponctuellement nécessaire, l’allaitement sera suspendu pendant le traitement et pourra être repris environ 9 heures après la dernière prise d’oxycodone (2 demi-vies d’élimination plasmatique).
    • L’utilisation de la morphine peut également être envisagée, en suspendant l’allaitement pendant le traitement et en le reprenant environ 4 heures après la dernière prise.

Voir aussi

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