Spironolactone

ALDACTONE®

Mis a jour le 23/02/2023

Grossesse

Etat des connaissances

  • Chez l’animal
    • L’effet anti-androgène de la spironolactone entraîne une féminisation des fœtus mâles lors de l’administration de fortes doses en 2ème partie de gestation.
  • En clinique
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à la spironolactone en cours de grossesse sont très peu nombreuses. A ce jour, aucun effet malformatif, ni anti-androgène n’ont été signalés.
    • Dans l’expérience du CRAT, aucun effet malformatif ou néonatal particulier attribuable au traitement maternel par spironolactone n’est retenu parmi un peu plus d’une cinquantaine d’enfants exposés in utero, dont une vingtaine de garçons exposés pendant toute ou partie de la différentiation sexuelle (de 8 à 17 semaines d’aménorrhée).
    • Dans la pré-éclampsie, l’effet hypovolémiant des diurétiques pourrait entraîner une diminution de la perfusion placentaire et aggraver ainsi l’ischémie de l’unité fœto-placentaire déjà présente.

En pratique

  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin de réévaluer et d’adapter éventuellement le traitement en vue d’une future grossesse.
    • Dans l’hypertension artérielle, on préfèrera en effet si possible un autre antihypertenseur.
    • Dans les hyperaldostéronismes, la poursuite du traitement est envisageable jusqu’au diagnostic de la grossesse.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • En cas d’exposition avant 8 semaines d’aménorrhée, rassurer la patiente quant au risque malformatif de la spironolactone.
    • En cas d’exposition entre 8 et 17 semaines d’aménorrhée, bien que le risque soit uniquement théorique, l’examen échographique des organes génitaux externes sera de principe particulièrement attentif chez les fœtus masculins.
    • Pour la suite de la grossesse, voir « Traiter une femme enceinte ».
  • Traiter une femme enceinte
    • Dans l’hypertension artérielle, on préfèrera si possible un autre antihypertenseur.
    • Dans les hyperaldostéronismes, l’utilisation de la spironolactone est envisageable en l’absence d’alternative, en particulier au-delà de 17 semaines d’aménorrhée.
    • En cas de traitement couvrant toute ou partie de la différenciation sexuelle (8-17 SA), bien que le risque soit uniquement théorique, l’examen échographique des organes génitaux externes sera de principe particulièrement attentif chez les fœtus masculins.
    • Si le traitement est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer les intervenants prenant en charge le nouveau-né (kaliémie).

Allaitement

Etat des connaissances

  • La quantité de spironolactone ingérée via le lait est a priori très faible : l’enfant reçoit environ 1% de la dose maternelle (en mg/kg) sous forme de canrénone (l’un des 2 métabolites actifs de la spironolactone ; dosage effectué chez une seule patiente).
  • Dans le cas qui précède, l’enfant allaité par la mère sous spironolactone n’a pas présenté de troubles électrolytiques.
  • Aucun événement particulier n’a été signalé à ce jour chez des enfants allaités de mères sous spironolactone.

En pratique

  • Au vu des données disponibles sur la spironolactone et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), son utilisation est envisageable chez une femme qui allaite, tout en restant vigilant sur l’état de l’enfant (troubles électrolytiques, diurèse).
  • Si la spironolactone est utilisée en association avec l’altizide, il est préférable de ne pas allaiter.

Voir aussi

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