Sécukinumab
COSENTYX®
Mis a jour le 20/03/2025
Grossesse
Etat des connaissances
- Aspect malformatif
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au sécukinumab au 1er trimestre de la grossesse sont peu nombreuses, mais aucun effet malformatif attribuable au traitement n’est retenu à ce jour.
- Ceci est cohérent avec l’analogie structurelle entre le sécukinumab et les IgG1 natives dont le passage placentaire ne débute qu’à partir de 14 semaines d’aménorrhée (SA) environ, c’est-à-dire après la fin de l’organogenèse (10 SA).
- Le sécukinumab n’est pas tératogène chez le singe.
- Aspect fœtal et néonatal
- Le sécukinumab passe le placenta chez le singe.
- Il n’y a pas de donnée publiée sur le passage placentaire du sécukinumab chez l’humain.
- Cependant, par analogie avec les IgG1 natives, il y a tout lieu de penser que ce passage commence à partir de 14 SA environ et augmente progressivement à partir de ce terme
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au sécukinumab au 2ème et/ou 3ème trimestres de la grossesse sont quasi-inexistantes, mais aucun effet fœtal ou néonatal particulier attribuable au traitement n’est retenu à ce jour .
- Aspect infectieux
- Du fait de l’immunosuppression induite par le traitement, un risque accru d’infections materno-fœtales est théoriquement possible chez les femmes enceintes traitées par sécukinumab.
En pratique
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin de faire le point sur la pathologie et son traitement en vue d’une future grossesse.
- Dans la mesure du possible, on préférera une alternative thérapeutique mieux connue dans la perspective d’une grossesse (certolizumab,…).
- A noter que le sécukinumab s’élimine du compartiment plasmatique en environ 4,5 mois.
- Si après avis du spécialiste, le maintien le sécukinumab s’avère indispensable à l’équilibre de la pathologie maternelle, il pourra être poursuivi jusqu’au diagnostic de la grossesse.
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif du sécukinumab.
- Si après avis du spécialiste, le maintien du sécukinumab est indispensable, voir ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
- Traiter une femme enceinte
- Si le recours au sécukinumab est indispensable à la prise en charge de la pathologie maternelle car les options thérapeutiques mieux connues ne conviennent pas (certolizumab,…), son utilisation est envisageable en cours de grossesse.
- Du fait de sa longue demi-vie d’élimination plasmatique, programmer dans la mesure du possible une dernière administration de sécukinumab vers 22 semaines d’aménorrhée afin de limiter l’exposition du nouveau-né (longue demi-vie d’élimination plasmatique).
- En raison de l’immunosuppression induite par le traitement, la surveillance obstétricale prendra en compte un risque accru d’infection materno-fœtale (listériose, CMV, toxoplasmose…).
- Le fœtus et/ou l’enfant doit être considéré comme immunodéprimé pendant les 4,5 mois qui suivent la dernière injection maternelle (vie fœtale comprise) (cf. Etat des connaissances).
- Les intervenants prenant en charge le nouveau-né devront être avertis du traitement maternel pour :
- Adapter sa prise en charge, en particulier sur le plan infectieux
- Eventuellement différer l’administration des vaccins vivants en fonction de la date de la dernière injection maternelle.
- Vaccination des enfants de mère traitée
- Rappelons que les enfants dont la mère a été traitée par sécukinumab en cours de grossesse sont considérés comme immunodéprimés pendant 4,5 mois après la dernière injection maternelle (vie fœtale comprise) (cf. Etat des connaissances et pour plus d’information, Anti-TNF alpha en fin de grossesse et vaccination des enfants).
- En conséquence :
- Pour les vaccins vivants (BCG…), le protocole vaccinal doit être adapté.
- Pour les vaccins inactivés, il n’y a pas lieu de retarder la vaccination.
Si l’une de vos patientes est exposée au sécukinumab en cours de grossesse, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT afin d’enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme enceinte.
Allaitement
Etat des connaissances
- Il n’y a pas de donnée sur le sécukinumab et l’allaitement (ni dosage dans le lait, ni suivi d’enfant allaité).
- Compte tenu de sa structure (protéine de type IgG1), le sécukinumab est probablement en grande partie détruit et non absorbé dans le tube digestif, ce qui rend peu vraisemblable une exposition systémique de l’enfant via le lait.
En pratique
- En l’absence de donnée sur le sécukinumab et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), et en raison de ses propriétés pharmacologiques (immunosuppresseur), il est préférable de ne pas allaiter sous sécukinumab.
Si l’une de vos patientes est exposée au sécukinumab en cours d’allaitement, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT afin d’enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme qui allaite.
Exposition paternelle
Etat des connaissances
- Fertilité
- A ce jour, il n’y a pas de donnée publiée sur les conséquences éventuelles du sécukinumab sur la fertilité masculine mais aucun effet particulier n’a été rapporté.
- Chez l’animal mâle traité, le sécukinumab n’a pas d’effet sur la fertilité.
- Génotoxicité
- Aucun test de génotoxicité n’a été effectué avec le sécukinumab. Cependant, compte tenu de sa structure (anticorps monoclonal), un effet sur le matériel génétique des spermatozoïdes n’est pas attendu.
- Conception au cours d’un traitement paternel
- Passage dans le liquide séminal
- A ce jour, il n’y a pas de donnée publiée sur le passage du sécukinumab dans le liquide séminal.
- Données cliniques
- Les données publiées concernant des enfants conçus par des hommes traités par le sécukinumab sont peu nombreuses (une trentaine), mais aucun effet attribuable au traitement paternel, notamment malformatif, n’est rapporté à ce jour.
- Par ailleurs, aucun effet malformatif n’est retenu lors d’un traitement maternel par sécukinumab (cf. Sécukinumab – Grossesse).
- Passage dans le liquide séminal
En pratique
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Le sécukinumab peut être poursuivi chez un homme qui désire concevoir.
- Grossesse conçue sous traitement paternel
- Rassurer le couple quant aux conséquences d’une conception paternelle sous sécukinumab pour le futur enfant. Cette exposition paternelle ne justifie pas un suivi de la grossesse différent de la surveillance usuelle.
- Traitement paternel en cours de grossesse
- Le traitement paternel par sécukinumab peut être poursuivi, instauré ou repris en cours de grossesse sans précaution particulière ni surveillance obstétricale/prénatale spécifique.