ROACTEMRA®, TYENNE®

Mis a jour le 18/02/2025

Grossesse

Etat des connaissances

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au tocilizumab au 1er trimestre de la grossesse sont peu nombreuses, mais aucun effet malformatif attribuable à ce médicament n’a été rapporté à ce jour.
    • Ceci est cohérent avec l’analogie structurelle entre le tocilizumab et les IgG1 natives dont le passage placentaire ne débute qu’à partir de 14 semaines d’aménorrhée (SA) environ, c’est-à-dire après la fin de l’organogenèse (10 SA).
    • Le tocilizumab n’est pas tératogène chez le singe.
  • Aspect fœtal et néonatal
    • Le tocilizumab passe le placenta chez l’humain. Par analogie avec les IgG1 natives, il y a tout lieu de penser que ce passage ne commence qu’à partir de 14 SA environ et qu’il augmente progressivement avec l’âge gestationnel.
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au tocilizumab au 2ème et/ou 3ème trimestres de la grossesse sont très peu nombreuses, mais aucun effet fœtal ou néonatal attribuable au traitement n’est retenu à ce jour.
  • Aspect infectieux
    • Du fait de l’immunosuppression induite par le traitement, un risque accru d’infections materno-fœtales est possible chez les femmes enceintes traitées par tocilizumab.

En pratique

  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin de faire le point sur la pathologie et son traitement en vue d’une future grossesse.
    • Dans la mesure du possible, on préférera une alternative mieux connue dans la perspective d’une grossesse (certolizumabanakinra…).
    • A noter que le tocilizumab peut être considéré comme complètement éliminé du plasma en 6 à 10 semaines environ.
    • Si après avis du spécialiste, le tocilizumab est indispensable à l’équilibre de la pathologie maternelle, il pourra être poursuivi jusqu’au diagnostic le plus précoce possible de la grossesse.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif du tocilizumab.
    • Si après avis du spécialiste le maintien du tocilizumab est indispensable, voir ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
  • Traiter une femme enceinte
    • Si le tocilizumab est indispensable car les options thérapeutiques mieux connues ne conviennent pas (certolizumabanakinra…), son utilisation est envisageable en cours de grossesse.
    • Programmer si possible une dernière administration de tocilizumab au début du 3ème trimestre afin de limiter l’exposition du nouveau-né (longue demi-vie d’élimination plasmatique).
    • Tenir compte d’un risque potentiellement accru d’infection materno-fœtale (listériose, CMV, toxoplasmose…) en raison de l’immunosuppression induite par le traitement.
    • Considérer le fœtus et/ou l’enfant comme immunodéprimé pendant les 10 semaines qui suivent la dernière injection maternelle (vie fœtale comprise) (cf. Etat des connaissances).
    • Avertir le pédiatre prenant en charge le nouveau-né du traitement maternel pour adapter sa prise en charge, en particulier sur le plan infectieux.
    • Pour les vaccins chez l’enfant voir ci-dessous.
  • Vaccination des enfants de mère traitée
    • Vaccins inertes (inactivés) : il n’y a pas lieu de retarder la vaccination de l’enfant.
    • Vaccins vivants (BCG, rotavirus…) : le protocole vaccinal doit prendre en compte l’éventuelle immunosuppression de l’enfant pendant 10 semaines après la dernière injection maternelle de tocilizumab (vie fœtale comprise) (cf. Etat des connaissances).

   Si une de vos patientes est exposée au tocilizumab en cours de grossesse, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT afin d’enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme enceinte.

Allaitement

Etat des connaissances

  • Le passage du tocilizumab dans le lait est négligeable.
  • Aucun évènement particulier n’a été rapporté chez les enfants allaités jusqu’à 11 mois par des mères sous tocilizumab (petit effectif).
  • Le tocilizumab est indétectable dans le plasma d’un seul enfant exploré.
  • Par ailleurs, compte tenu de sa structure polypeptidique (IgG1), le tocilizumab est probablement détruit dans le tube digestif, ce qui rend peu vraisemblable une exposition systémique de l’enfant via le lait.

En pratique

  • Au vu des données disponibles sur le tocilizumab et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), son utilisation est envisageable chez une femme qui allaite.

   Si une de vos patientes est exposée au tocilizumab en cours d’allaitement, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT afin d’enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme enceinte ou qui allaite.

Exposition paternelle

Etat des connaissances

  • Fertilité
    • Le tocilizumab ne semble pas avoir d’effet sur la fertilité masculine, mais les données publiées sont peu nombreuses.
    • Chez le singe mâle, le tocilizumab n’a pas d’effet sur les organes de la reproduction.
  • Génotoxicité
    • Le tocilizumab n’est pas mutagène ni clastogène sur les tests de toxicologie expérimentale. Un effet sur le matériel génétique des spermatozoïdes n’est donc pas attendu, et par conséquent pas de répercussion par ce biais sur un futur enfant.
  • Conception au cours d’un traitement paternel
    • Passage dans le liquide séminal
      • A ce jour, il n’y a pas de donnée publiée sur le passage du tocilizumab dans le liquide séminal.
    • Données cliniques
      • Les données publiées concernant des enfants conçus par des hommes traités par tocilizumab sont très peu nombreuses (une dizaine), mais aucun effet attribuable au traitement paternel, notamment malformatif, n’a été rapporté à ce jour.
      • Par ailleurs, la molécule n’est pas tératogène lors d’un traitement maternel (Cf. Tocilizumab-Grossesse).

En pratique

  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Le tocilizumab peut être poursuivi chez un patient qui désire concevoir.
  • Grossesse conçue sous traitement paternel
    • Rassurer le couple quant aux conséquences du traitement paternel par tocilizumab sur la grossesse.
  • Traitement paternel en cours de grossesse
    • Le traitement paternel  par tocilizumab peut être poursuivi, instauré ou repris en cours de grossesse sans précaution particulière ni surveillance obstétricale/prénatale spécifique.

Voir aussi

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