Méthotrexate
IMENOR® – IMETH® – IZIXATE® – METOJECT® – METOTAB® – NORDIMET® – NOVATREX®
Mis a jour le 08/01/2025
Grossesse
Etat des connaissances
- Toxicologie préclinique
- Le méthotrexate est faiblement mutagène.
- Le méthotrexate est tératogène et embryolétal chez l’animal.
- Fertilité
- Aucun élément ne semble évoquer une répercussion du méthotrexate sur la fertilité féminine, en particulier aux posologies immunosuppressives.
- Fausses couches
- Un risque important de fausse couche est observé, même avec des posologies « faibles » immunosuppressives (≤ 30 mg/semaine).
- Aspect malformatif
- Le méthotrexate est tératogène.
- Pour des doses « faibles » (≤ 30 mg/semaine), le taux global de malformations majeures est de l’ordre de 6%, soit 2 à 3 fois supérieur au taux attendu.
- Une dose-seuil ne peut être précisée. Des tableaux malformatifs ont été observés dès 12,5 mg en dose totale.
- Pour des posologies plus élevées ce risque n’est pas évalué, mais la probabilité qu’il soit moindre est peu vraisemblable.
- Sur la base des données actuelles, les malformations attribuées au méthotrexate sont les suivantes :
- atteintes du crâne (crâniosténoses, hypoplasie de certains os du crâne), avec une dysmorphie faciale consécutive à ces remaniements osseux
- malformations des membres (réductionnelles en particulier)
- retard de croissance intra-utérin et staturo-pondéral
- cardiopathies congénitales
- plus rarement : microcéphalies, atteintes rénales et/ou uro-génitales…
- La période à risque concerne au moins le 1er trimestre. Des anomalies compatibles avec le tableau malformatif du méthotrexate sont décrites dès 5 SA.
- Si le méthotrexate est arrêté dans les 3 mois qui précèdent la conception et jusque 24 heures avant, aucun effet tératogène n’est décrit (étude prospective sur environ 130 patientes).
- Aspect néonatal
- Il y a peu de données publiées chez des femmes enceintes exposées au méthotrexate en fin de grossesse.
- Si le cas se présente, les intervenants prenant en charge ces nouveau-nés seront avertis du profil d’effets indésirables de cette molécule (notamment infectieux, hépatiques et hématologiques).
En pratique
- Prescription chez la femme en âge de procréer
- S’assurer qu’il n’y a pas de grossesse en cours.
- L’utilisation d’une contraception efficace est nécessaire.
- Informer la patiente des effets du méthotrexate en cas de grossesse (cf. Etat des connaissances).
- Délai à respecter entre l’arrêt du méthotrexate et le début d’une grossesse
- La demi-vie d’élimination plasmatique du méthotrexate est de 3 à 4 heures. Le méthotrexate est donc éliminé du compartiment plasmatique en une vingtaine d’heures.
- En théorie, une conception est donc possible environ une journée après la fin du traitement.
- Dans la pratique :
- une contraception efficace doit être poursuivie jusqu’à la fin du traitement et une conception est possible dès l’arrêt de la contraception.
- après administration de méthotrexate dans la prise en charge d’une grossesse extra-utérine, une conception est possible dès le cycle suivant.
- Conception après l’arrêt du méthotrexate
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif lorsque la grossesse a été conçue après l’arrêt du méthotrexate, même si le délai est court (24h).
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- Le traitement doit être arrêté le plus rapidement possible.
- L’évaluation du risque doit être effectuée au cas par cas en tenant compte de la chronologie de la prise.
- En cas de poursuite de la grossesse, un dépistage prénatal ciblé sur les malformations décrites est nécessaire (cf. Etat des connaissances).
- Les intervenants prenant en charge le nouveau-né devront être avertis du traitement maternel (cf. Etat des connaissances).
- Traiter une femme enceinte
- Le méthotrexate ne doit pas être utilisé chez la femme enceinte à l’exception d’indications maternelles incontournables (cancérologie) et de préférence au-delà du 1er trimestre (cf. Etat des connaissances).
Allaitement
Etat des connaissances
- Le passage du méthotrexate dans le lait est très faible. L’enfant reçoit moins de 1% de la dose maternelle (en mg/kg).
- Ces dosages ont été réalisés chez 6 patientes après une prise unique de méthotrexate.
- Il n’y a quasiment pas de donnée sur des enfants allaités par des mères traitées.
- Rappelons que le méthotrexate est un antimitotique susceptible d’entraîner chez les patients directement traités des effets indésirables sévères, entre autres, hématologiques et hépatiques.
En pratique
- Au vu des éléments disponibles sur le méthotrexate et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), il est préférable, par prudence, d’attendre 24 heures (7 demi-vies d’élimination plasmatique) après l’administration du méthotrexate pour allaiter un enfant.
Exposition paternelle
Etat des connaissances
- Fertilité
- Quelques cas d’oligo- ou azoospermie, réversibles après l’arrêt du traitement, ont été rapportés chez des patients traités par méthotrexate à faibles doses (psoriasis…) ou à fortes doses (associé à d’autres cytostatiques en cancérologie). Toutefois, des études plus récentes chez des patients traités à faibles doses ne mettent pas en évidence d’impact du méthotrexate sur les paramètres spermatiques.
- Génotoxicité
- Le méthotrexate est faiblement mutagène chez l’animal et sur cellules humaines in vitro (lymphocytes et cellules de la moelle osseuse).
- L’index de fragmentation de l’ADN spermatique de patients traités par méthotrexate à faibles doses n’est pas significativement augmenté comparé à des volontaires sains.
- Conception au cours d’un traitement paternel
- Passage dans le liquide séminal
- Un métabolite du méthotrexate est retrouvé dans le liquide séminal et les spermatozoïdes de patients traités, sans qu’il n’y ait de corrélation avec des anomalies du spermogramme, et les quantités susceptibles d’être transmises à une partenaire enceinte sont négligeables.
- Données cliniques
- Les données publiées concernant des enfants conçus par des hommes traités par méthotrexate (au moment de la conception ou dans les trois mois qui précèdent) sont très nombreuses (environ 1000 grossesses), et aucun effet attribuable au traitement paternel, notamment malformatif, n’est retenu à ce jour, contrairement à ce qui est décrit lors d’un traitement maternel en cours de grossesse (cf. Méthotrexate – Grossesse).
- On ne retrouve pas d’augmentation des cancers ou des troubles du neurodéveloppement chez des enfants d’environ 6.5 ans conçus par des pères sous méthotrexate.
- Passage dans le liquide séminal
- Conception à distance d’un traitement paternel
- On ne retrouve pas d’augmentation des malformations et/ou des remaniements chromosomiques dans la descendance des pères dont un traitement mutagène a été arrêté à distance de la conception.
En pratique
- Avant la mise en route d’un traitement paternel
- A ce jour, les données récentes ne mettent pas en évidence d’impact majeur du méthotrexate à faible dose sur la fertilité masculine (cf. Etat des connaissances), néanmoins, par précaution, une préservation de fertilité pourrait être discutée avant l’instauration d’un traitement par méthotrexate, en fonction de la situation clinique (indication du traitement…).
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Le traitement paternel par méthotrexate peut être poursuivi chez un patient qui désire concevoir.
- Grossesse conçue en cours de traitement paternel ou dans les trois mois qui suivent son arrêt
- Rassurer le couple quant aux conséquences du traitement paternel par méthotrexate sur le futur enfant.
- Cette exposition paternelle ne justifie pas un suivi de la grossesse différent de la surveillance usuelle.
- Traitement paternel en cours de grossesse
- Le traitement paternel par méthotrexate peut être poursuivi, instauré ou repris en cours de grossesse sans précaution particulière ni surveillance obstétricale/prénatale spécifique.