Ocrelizumab
OCREVUS®
Mis a jour le 01/07/2025
Grossesse
Etat des connaissances
- Passage placentaire
- Il n’y a pas de donnée sur le passage placentaire de l’ocrélizumab chez l’humain.
- Cependant, par analogie avec les IgG1 natives, il y a tout lieu de penser que le passage placentaire de l’ocrélizumab commence à partir de 14 semaines d’aménorrhée (SA) environ, c’est-à-dire après la fin de l’organogenèse (10 SA révolues), et augmente progressivement avec le terme.
- Aspect malformatif
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l’ocrélizumab au 1er trimestre de la grossesse sont peu nombreuses, mais aucun effet malformatif attribuable au traitement n’est rapporté à ce jour.
- Son passage placentaire n’est pas attendu avant la fin de l’organogenèse (cf. ci-dessus).
- L’ocrélizumab n’est pas tératogène chez le singe.
- Aspect fœtal et néonatal
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l’ocrélizumab au 2ème et/ou 3ème trimestres de la grossesse sont quasi inexistantes.
- Une lymphopénie B réversible a été observée chez deux des trois nouveau-nés de mère traitée par ocrélizumab au 2ème trimestre de la grossesse. Cet effet corrobore le passage placentaire probable de l’ocrélizumab à partir de 14 SA.
- Aspect infectieux
- Du fait de l’immunosuppression induite par le traitement, un risque accru d’infections materno-fœtales est théoriquement possible chez les femmes enceintes traitées par ocrélizumab (listériose, CMV, toxoplasmose…).
En pratique
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin de faire le point sur la stratégie thérapeutique en vue d’une future grossesse.
- A noter que l’ocrélizumab s’élimine du compartiment plasmatique en 19 semaines (4.5 mois) environ.
- Si après avis du spécialiste le maintien de l’ocrélizumab s’avère indispensable à l’équilibre de la pathologie maternelle, il pourra être poursuivi jusqu’au diagnostic le plus précoce de la grossesse.
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif de l’ocrélizumab.
- Si après avis du spécialiste le maintien de l’ocrélizumab est indispensable à la prise en charge de la pathologie maternelle car les options thérapeutiques mieux connues ne conviennent pas (natalizumab), voir ci dessous « Traiter une femme enceinte » .
- Traiter une femme enceinte
- Si le recours à l’ocrélizumab est indispensable à la prise en charge de la pathologie maternelle car les options thérapeutiques mieux connues ne conviennent pas (natalizumab), son utilisation est envisageable en cours de grossesse.
- Du fait de sa longue demi-vie d’élimination, programmer dans la mesure du possible une dernière administration de l’ocrélizumab avant 22 semaines d’aménorrhée.
- En raison de l’immunosuppression induite par le traitement, la surveillance obstétricale prendra en compte un risque accru d’infection materno-foetale (listériose, CMV, toxoplasmose…).
- Le fœtus et/ou l’enfant doit être considéré comme immunodéprimé en cas d’exposition en cours de grossesse (Cf. Etat des connaissances).
- Les intervenants prenant en charge le nouveau-né/l’enfant devront être avertis du traitement maternel pour :
- Adapter sa prise en charge, en particulier sur le plan infectieux et hématologique : NFS, numération des lymphocytes B et dosage des immunoglobulines à la naissance.
- En fonction de la numération des lymphocytes B, différer l’administration des vaccins vivants (voir ci-dessous).
- Vaccination des enfants de mère traitée
- Vaccins inertes (inactivés): il n’y a pas lieu de retarder la vaccination de l’enfant.
- Vaccins vivants (BCG, rotavirus…), le protocole vaccinal sera adapté en fonction du bilan hématologique (taux d’IgM et numération des lymphocytes B).
Si une de vos patientes est exposée à l’ocrélizumab en cours de grossesse, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT afin d’enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme enceinte ou qui allaite.
Allaitement
Etat des connaissances
- Les concentrations d’ocrélizumab dans le lait sont le plus souvent indétectables ou très faibles (calculs effectués sur les dosages réalisés chez une quarantaine de patientes).
- Chez les enfants allaités, les concentrations plasmatiques sont indétectables (dosages effectués chez neuf enfants). Ceci est cohérent avec la structure de type IgG1 de l’ocrélizumab, qui est probablement en grande partie détruit et non absorbé dans le tube digestif de l’enfant.
- Aucun évènement particulier n’a été rapporté chez près d’une cinquantaine d’enfants allaités par des mères sous ocrélizumab.
En pratique
- Au vu des données disponibles sur l’ocrélizumab et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), l’utilisation de l’ocrélizumab est envisageable chez une femme qui allaite.
- La poursuite de l’allaitement sera réévaluée en cas de survenue chez l’enfant allaité d’effets indésirables compatibles avec le profil du médicament (propriétés immunosuppressives) .