Azathioprine
IMUREL®
Mis a jour le 15/04/2024
Grossesse
Etat des connaissances
- Toxicologie préclinique
- L’azathioprine a des propriétés mutagènes et carcinogènes sur les tests expérimentaux.
- Fertilité
- Les données sont peu nombreuses, mais l’azathioprine ne semble pas avoir d’effet délétère sur la fertilité des patientes traitées.
- Aspect malformatif
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l’azathioprine au 1er trimestre de la grossesse sont très nombreuses et rassurantes.
- Aspect fœtal et néonatal
- Des effets néonatals sont parfois rapportés :
- Atteinte réversible des lignées hématologiques du nouveau-né, en particulier en cas de polymorphisme génétique favorisant.
- Prématurité et retard de croissance intra-utérin qu’il est difficile de mettre exclusivement sur le compte du médicament (rôle probable de la pathologie maternelle).
- Des effets néonatals sont parfois rapportés :
- Aspect maternel
- Un risque accru d’infection materno-fœtale (en particulier à CMV) est possible en raison de l’immunodépression maternelle induite par le traitement.
- Vaccination des enfants de mère traitée
- A ce jour, aucun effet indésirable particulier n’a été signalé chez des enfants vaccinés avec des vaccins vivants ou inactivés et dont la mère avait reçu de l’azathioprine jusqu’à l’accouchement.
- Effets à distance
- A ce jour, sur des effectifs très importants compris entre 1000 et 3000 enfants nés de mères traitées par azathioprine, aucun des effets suivants n’est retenu :
- infections ayant nécessité une hospitalisation ou la prise d’antibiotiques (suivi jusqu’à l’âge de 5 ans)
- apparition de tumeurs malignes (suivi jusqu’à plus de 12 ans)
- risque neurodéveloppemental particulier : troubles du spectre de l’autisme, troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité.. (suivi jusqu’à plus de 12 ans).
- A ce jour, sur des effectifs très importants compris entre 1000 et 3000 enfants nés de mères traitées par azathioprine, aucun des effets suivants n’est retenu :
En pratique
Pictogrammes sur les boîtes de médicaments : le CRAT n’est pas d’accord.
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin de faire le point sur la pathologie et son traitement en vue d’une future grossesse.
- Si l’azathioprine est nécessaire à l’équilibre maternel, il n’est pas justifié d’arrêter ou de modifier le traitement dans la perspective d’une grossesse.
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif de l’azathioprine.
- Réévaluer le bien fondé de la poursuite du traitement.
- Si l’interruption de l’azathioprine est difficile car elle risque de compromettre l’équilibre maternel, le maintien du traitement est possible quel que soit le terme de la grossesse
- En cas de poursuite de l’azathioprine, un risque accru d’infection materno-fœtale (en particulier à CMV) est possible en raison de l’immunosuppression maternelle induite par le traitement.
- En cas de survenue d’une cholestase gravidique, penser au rôle éventuel de l’azathioprine.
- Si le traitement est poursuivi jusqu’à l’accouchement, les intervenants prenant en charge le nouveau-né devront en être avertis (NFS…cf. Etat des connaissances).
- Traiter une femme enceinte
- Si l’azathioprine est nécessaire à l’équilibre maternel, son utilisation est possible quel que soit le terme de la grossesse.
- Un risque accru d’infection materno-fœtale (en particulier à CMV) est possible en raison de l’immunosuppression maternelle induite par le traitement.
- En cas de survenue d’une cholestase gravidique, penser au rôle éventuel de l’azathioprine.
- Si le traitement est poursuivi jusqu’à l’accouchement, les intervenants prenant en charge le nouveau-né devront en être avertis (NFS… cf. Etat des connaissances).
- Vaccination des enfants de mère traitée (cf. Etat des connaissances)
Allaitement
Etat des connaissances
- La quantité de 6-mercaptopurine (métabolite de l’azathioprine) ingérée via le lait est très faible : l’enfant reçoit moins de 0,6% de la dose maternelle (en mg/kg).
- Chez les enfants allaités, les concentrations sanguines de 6-mercaptopurine et de ses métabolites sont indétectables.
- Aucun effet clinique particulier n’a été rapporté parmi plusieurs centaines d’enfants allaités par des mères sous azathioprine.
- Parmi une vingtaine d’enfants allaités chez lesquels une NFS a été réalisée, une neutropénie fluctuante asymptomatique réversible à l’arrêt de l’allaitement et une anomalie de l’hémogramme mal documentée ont été signalées il y a une dizaine d’années. Il s’agit uniquement d’anomalies biologiques, sans traduction clinique, ni présence du médicament dans le sang de l’enfant neutropénique (pas de dosage chez l’autre enfant). Le rôle de l’azathioprine est donc très discutable. Aucune nouvelle observation n’a été publiée depuis.
En pratique
- Au vu des données disponibles sur l’azathioprine et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), l’allaitement est possible lors d’un traitement par azathioprine.
Exposition paternelle
Etat des connaissances
- Fertilité
- L’azathioprine ne semble pas avoir d’effet sur la fertilité masculine.
- Génotoxicité
- L’azathioprine est mutagène in vitro et in vivo à fortes doses sur certains tests expérimentaux. Cependant, aux posologies utilisées en thérapeutique, cet effet ne semble pas transmissible à la descendance de rats mâles traités.
- L’intégrité de l’ADN spermatique de patients traités par azathioprine n’est pas altérée.
- Conception au cours d’un traitement paternel
- Passage dans le liquide séminal
- L’azathioprine est retrouvée dans le liquide séminal humain, mais les quantités susceptibles d’être transmises à une partenaire enceinte sont négligeables.
- Données cliniques
- Les données publiées concernant des enfants de patients traités par azathioprine ou 6-MP au moment de la conception sont très nombreuses (près de 2500) et aucun effet attribuable au traitement paternel, notamment malformatif, n’est retenu à ce jour.
- On ne retrouve pas d’augmentation d’effets à distance de la naissance (cancers, troubles du neurodéveloppement) chez plus de 700 enfants âgés d’environ 7 ans conçus par des pères sous azathioprine.
- Par ailleurs, l’azathioprine n’est pas tératogène lors d’un traitement maternel en cours de grossesse (cf. Azathioprine – Grossesse).
- Passage dans le liquide séminal
En pratique
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Le traitement paternel par azathioprine peut être poursuivi chez un patient qui désire concevoir.
- Grossesse conçue sous traitement paternel ou dans les trois mois qui suivent son arrêt
- Rassurer le couple quant aux conséquences du traitement paternel par azathioprine sur le futur enfant.
- Cette exposition paternelle ne justifie pas un suivi de la grossesse différent de la surveillance usuelle.
- Traitement paternel en cours de grossesse
- Le traitement paternel par azathioprine peut être poursuivi, instauré ou repris en cours de grossesse sans précaution particulière ni surveillance spécifique de la grossesse.