Carbimazole / Thiamazole

NEOMERCAZOLE®

Mis a jour le 24/09/2021

Grossesse

Etat des connaissances

  • Aspect malformatif
    • Un syndrome polymalformatif est décrit chez des enfants de mère traitée par carbimazole/thiamazole en début de grossesse.
    • Ce syndrome surviendrait dans environ 4% des grossesses exposées.
    • Les malformations sont isolées ou associées.
    • Il s’agit par ordre de fréquence décroissante :
      • D’aplasies circonscrites du cuir chevelu (aplasia cutis)
      • D’atrésies des choanes
      • D’atrésies de l’œsophage avec fistule oesotrachéale
      • De dysmorphies faciales (ensellure nasale large, fentes palpébrales obliques en haut, front haut et bombé, narines antéversées)
      • D’anomalies de la paroi abdominale (omphalocèles, gastroschisis)
      • D’anomalies des mamelons (hypoplasie, absence)
    • Aucun effet-dose ne peut être établi.
    • La période à risque est difficile à cerner. Toute l’organogenèse est concernée (10 premières semaines d’aménorrhée), en particulier au-delà de 6 semaines d’aménorrhée.
  • Aspect fœtal et néonatal
    • Le métabolite actif du carbimazole (thiamazole) passe le placenta.
    • Des anomalies de la fonction thyroïdienne et/ou des goîtres ont été observés chez des nouveau-nés de mères traitées par carbimazole/thiamazole jusqu’à l’accouchement.
    • Aucun impact du traitement maternel sur le développement psychomoteur des enfants n’a été retrouvé.

En pratique

Les posologies d’antithyroïdiens doivent être aussi faibles que possible en cours de grossesse pour éviter une hypothyroïdie fœtale, quitte à maintenir la mère en légère hyperthyroïdie.
  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin de faire le point sur la pathologie et son traitement en vue d’une future grossesse.
    • On préférera si possible le propylthiouracile dans la perspective d’une grossesse.
    • En cas d’inefficacité ou de mauvaise tolérance du propylthiouracile, l’utilisation du carbimazole (ou du thiamazole) pourra éventuellement être envisagée.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Informer la patiente quant aux effets possibles du carbimazole (ou du thiamazole) (cf. Etat des connaissances).
    • Prévoir une surveillance échographique de la face, de l’appareil digestif haut, de la paroi abdominale et de la thyroïde du fœtus en cas d’exposition au 1er trimestre de la grossesse (cf. Etat des connaissances).
    • Si un traitement antithyroïdien doit être poursuivi, le choix thérapeutique dépendra de l’âge gestationnel (cf. plus haut « Traiter une femme enceinte »).
  • Traiter une femme enceinte
    • Au 1er trimestre :
      • On préférera si possible le propylthiouracile.
      • En cas d’inefficacité ou de mauvaise tolérance du propylthiouracile, l’utilisation du carbimazole (ou du thiamazole) pourra éventuellement être envisagée.
      • Prévoir une surveillance échographique de la face, de l’appareil digestif haut et de la paroi abdominale du fœtus en cas d’utilisation du carbimazole (ou du thiamazole) au 1er trimestre de la grossesse (cf. Etat des connaissances).
    • Aux 2ème et/ou 3ème trimestres :
      • A ce stade de la grossesse, l’utilisation du carbimazole est possible à la posologie la plus faible possible.
      • Prévoir une surveillance échographique de la thyroïde fœtale (cf. Etat des connaissances).
      • Si le traitement est poursuivi jusqu’à l’accouchement, prévoir un bilan de la fonction thyroïdienne néonatale. (cf. Etat des connaissances).

   Si une de vos patientes est exposée au carbimazole (ou thiamazole) en cours de grossesse, nous vous invitons à contacter le CRAT pour contribuer à enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme enceinte.

Allaitement

Etat des connaissances

  • La quantité de thiamazole (métabolite actif du carbimazole) ingérée via le lait est très variable et peut être importante : l’enfant reçoit jusqu’à 19% de la dose maternelle (en mg/kg) (calcul effectué sur un faible effectif).
  • Les concentrations plasmatiques de thiamazole chez les enfants allaités représentent jusqu’à 10 % des concentrations plasmatiques adultes.
  • Aucun événement particulier n’est signalé à ce jour chez plus de 200 enfants allaités de mères recevant une dose de carbimazole allant jusqu’à 30 mg/j (soit 22,5 mg de thiamazole) et en particulier pas de retentissement sur leur fonction thyroïdienne.

En pratique

  • Au vu des données disponibles sur le carbimazole et l’allaitement (cf. Etat des connaissances) :
    • On préfèrera utiliser le propylthiouracile pendant l’allaitement en raison de son très faible passage dans le lait.
    • Cependant, l’utilisation du carbimazole (ou du thiamazole) est envisageable pendant l’allaitement, de préférence sans dépasser 30 mg/j de carbimazole (soit environ 20 mg de thiamazole).
    • L’opportunité d’un bilan thyroïdien chez l’enfant allaité sera appréciée en fonction de l’importance des posologies maternelles et/ou de la présence de signes cliniques chez l’enfant.
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