Zonisamide

ZONEGRAN®

Mis a jour le 21/11/2025

Grossesse

Etat des connaissances

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au zonisamide au 1er trimestre de la grossesse sont nombreuses, mais aucun effet malformatif attribuable au traitement n’est retenu à ce jour.
    • Le zonisamide est tératogène chez l’animal sur plusieurs espèces (anomalies cardiaques, vertébrales, thymiques et hernies ombilicales). Ces résultats ne préjugent pas d’un effet similaire dans l’espèce humaine.
  • Aspect fœtal et néonatal
    • Le zonisamide passe le placenta. A terme, les concentrations plasmatiques maternelles et néonatales sont équivalentes.
    • La demi-vie d’élimination plasmatique du zonisamide est de 60 à 110 heures chez le nouveau-né.
    • Les petits poids pour l’âge gestationnel sont environ 2 fois plus fréquents chez les enfants exposés in utéro au zonisamide.
  • Aspect neurodéveloppemental
    • Les données disponibles sur le neurodéveloppement des enfants exposés in utero au zonisamide sont quasi-inexistantes, et limitées à une dizaine d’enfants suivis jusqu’à 4.5 ans et qui vont bien.
  • Aspect maternel
    • Une diminution des concentrations plasmatiques de zonisamide est possible en cours de grossesse, dès le 1er trimestre, avec un risque de reprise des crises convulsives.
    • Dès l’accouchement, les concentrations plasmatiques de zonisamide remontent rapidement pour revenir à leur état antérieur.

En pratique

Il est important que l’épilepsie soit bien équilibrée tout au long d’une grossesse. Ne pas arrêter ou modifier un traitement antiépileptique sans l’avis du spécialiste.
  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Ne pas arrêter le traitement sans un avis spécialisé.
    • Ne pas inquiéter la patiente quant au risque malformatif du zonisamide.
    • En cas d’exposition avant 10 semaines d’aménorrhée (SA) (période d’organogenèse), prévoir une échographie à visée diagnostiques ciblée notamment sur les anomalies décrites chez l’animal (Cf Etat des connaissances).
    • Pour la suite de la grossesse, voir ci dessous « Traiter une femme enceinte ».
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes sous zonisamide, cf. Acide folique et prévention des malformations congénitales.
  • Traiter une femme enceinte
    • Avant 10 semaines d’aménorrhée (SA) (période d’organogenèse) :
      • On préférera si possible utiliser un autre antiépileptique pendant cette période.
      • En l’absence d’alternative et si le zonisamide est indispensable, son utilisation est envisageable en cours de grossesse, à la posologie minimum efficace :
        • Prévoir une échographie à visée diagnostiques ciblée notamment sur les anomalies décrites chez l’animal (Cf Etat des connaissances).
        • Si le zonisamide est poursuivi, en particulier au 3ème trimestre, la croissance fœtale sera également surveillée.
        • Tenir compte de la diminution possible des concentrations plasmatiques maternelles de zonisamide en cours de grossesse (surveillance clinique et/ou plasmatique) et augmenter si nécessaire la posologie (cf. Etat des connaissances).
      • En cas de poursuite du zonisamide jusqu’à l’accouchement :
        • Les intervenants prenant en charge le nouveau-né seront informés du traitement maternel afin d’adapter sa prise en charge (sédation éventuelle…). Rappelons que le zonisamide a une longue demi-vie d’élimination plasmatique, a fortiori chez le nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
        • Réajuster la posologie de zonisamide dès que possible après l’accouchement si celle-ci avait été augmentée en cours de grossesse, afin d’évider un surdosage maternel dans le postpartum.
      • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes sous zonisamide, cf. Acide folique et prévention des malformations congénitales.
    • Après 10 SA
      • On préférera si possible utiliser un autre antiépileptique.
      • En l’absence d’alternative et si le zonisamide est indispensable, son utilisation est envisageable en cours de grossesse, à la posologie minimum efficace :
      • A ce terme de la grossesse, un effet malformatif n’est plus attendu.
        • Si le zonisamide est poursuivi, en particulier au 3ème trimestre, la croissance fœtale sera surveillée.
        • Tenir compte de la diminution possible des concentrations plasmatiques maternelles de zonisamide en cours de grossesse (surveillance clinique et/ou plasmatique) et augmenter si nécessaire la posologie (cf. Etat des connaissances).
      • En cas de poursuite du zonisamide jusqu’à l’accouchement :
        • Les intervenants prenant en charge le nouveau-né seront informés du traitement maternel afin d’adapter sa prise en charge (sédation éventuelle…). Rappelons que le zonisamide a une longue demi-vie d’élimination plasmatique, a fortiori chez le nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
        • Réajuster la posologie de zonisamide dès que possible après l’accouchement si celle-ci avait été augmentée en cours de grossesse, afin d’évider un surdosage maternel dans le postpartum.
      • Suivi à long terme des enfants exposés in utero :
        • Bien qu’aucun effet particulier ne soit décrit à ce jour avec le zonisamide (cf. Etat des connaissances), comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement in utero, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.
      • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes sous zonisamide, cf. Acide folique et prévention des malformations congénitales.

   Si l’une de vos patientes est exposée au zonisamide en cours de grossesse, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT pour contribuer à enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme enceinte.

Allaitement

Etat des connaissances

  • La quantité de zonisamide ingérée via le lait est importante : l’enfant reçoit (en mg/kg) entre 25% et 45% de la dose maternelle (calcul effectué sur les dosages réalisés chez 9 patientes).
  • La médiane des concentrations plasmatiques chez les enfants allaités représente environ 44% des concentrations plasmatiques maternelles (mesures effectuées sur un très petit effectif).
  • Les données publiées sur des enfants allaités par des mères sous zonisamide sont très peu nombreuses (moins d’une dizaine) . Aucun événement particulier n’a été signalé à ce jour.
  • La longue demi-vie d’élimination plasmatique du zonisamide (60 heures en moyenne chez l’adulte et jusqu’à 110 heures chez le nouveau-né) est un facteur de risque d’accumulation dans le lait et chez l’enfant allaité.

En pratique

  • Au vu des données disponibles sur le zonisamide et l’allaitement (cf. état des connaissances), il est préférable de ne pas allaiter en cas de traitement maternel par zonisamide.
  • Par ailleurs, pour éviter un surdosage maternel, penser à réduire/réajuster la posologie de zonisamide dans le post-partum si celle-ci avait été augmentée en cours de grossesse.

Voir aussi

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