Lévétiracétam

KEPPRA®

Mis a jour le 21/11/2025

Grossesse

Etat des connaissances

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au lévétiracétam au 1er trimestre de la grossesse sont très nombreuses et aucun effet malformatif attribuable à ce médicament n’est retenu à ce jour.
  • Aspect fœtal et néonatal
    • Le lévétiracétam passe le placenta. A terme, les concentrations maternelles et néonatales sont équivalentes.
    • Aucun effet fœtal et/ou néonatal particulier attribuable au traitement n’a été décrit chez les nouveau-nés exposés au lévétiracétam au 2ème et/ou 3ème trimestres de la grossesse.
  • Aspect neurodéveloppemental
    • Des données sont disponibles pour près de 1700 enfants exposées in utero au lévétiracétam et âgés en moyenne de 3,5 à 12 ans selon les études.
    • Ces données ne mettent pas en évidence de répercussion neurodéveloppementale (troubles du spectre de l’autisme, troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), troubles psychiatriques) d’une exposition in utero au lévétiracétam.
  • Aspect maternel
    • Une diminution importante des concentrations plasmatiques de lévétiracétam est possible en cours de grossesse, avec un risque de reprise des crises convulsives.

En pratique

Il est important que l’épilepsie soit bien équilibrée tout au long de la grossesse.
Ne pas arrêter ou modifier un traitement antiépileptique sans l’avis du spécialiste.
  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin :
      • De faire le point sur la pathologie et son traitement en vue d’une future grossesse.
      • D’informer la patiente de l’état des connaissances relatif au lévétiracétam.
    • L’utilisation du lévétiracétam est possible dans la perspective d’une grossesse.
    • Un dosage plasmatique de référence du lévétiracétam est souhaitable avant le début de la grossesse, car les concentrations plasmatiques sont susceptible de chuter lorsque la patiente sera enceinte (cf. Etat des connaissances)
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes traitées, (cf. Acide folique et prévention des malformations congénitales).
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Ne pas arrêter le traitement sans un avis spécialisé.
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif du lévétiracétam.
    • Pour la suite de la grossesse, voir « Traiter une femme enceinte ».
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes traitées, (cf. Acide folique et prévention des malformations congénitales).
  • Traiter une femme enceinte
    • L’utilisation du lévétiracétam est possible quel que soit le terme de la grossesse, à posologie efficace.
    • Tenir compte de la diminution possible des concentrations plasmatiques de lévétiracétam en cours de grossesse (surveillance clinique et/ou plasmatique) et augmenter la posologie si nécessaire (cf. Etat des connaissances).
    • Réajuster la posologie de lévétiracétam dans le mois qui suit l’accouchement si celle-ci avait été augmentée en cours de grossesse, afin d’éviter un surdosage maternel dans le post-partum.
    • Suivi à long terme des enfants exposés in utero :
      • Bien qu’aucun effet particulier ne soit décrit à ce jour avec le lévétiracétam , comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes traitées, (cf. Acide folique et prévention des malformations congénitales).

Allaitement

Etat des connaissances

  • Environ 120 enfants allaités de mère sous lévétiracétam sont rapportés dans la littérature.
  • Chez les ¾ d’entre eux, le lévétiracétam n’est pas retrouvé dans le plasma. Chez le quart restant, les concentrations plasmatiques de lévétiracétam sont très variables et peuvent atteindre 22% des concentrations plasmatiques maternelles.
  • La majorité des enfants allaités vont bien. De rares effets (sédation, mauvaise prise de poids, hypotonie…), réversibles à l’arrêt de l’allaitement maternel, peuvent toutefois survenir chez les enfants allaités par des mères sous lévétiracétam, en particulier en cas de polythérapie maternelle.

En pratique

  • Au vu des données disponibles (cf. Etat des connaissances), un allaitement maternel est envisageable sous lévétiracétam en restant vigilant sur l’état de l’enfant.
    • En cas de survenue d’effets sédatifs et/ou d’une mauvaise prise de poids chez l’enfant allaité, la poursuite de l’allaitement sera à reconsidérer.
  • Par ailleurs, pour éviter un surdosage maternel, penser à réduire/réajuster la posologie de lévétiracétam dans le post-partum si celle-ci avait été augmentée en cours de grossesse.

Voir aussi

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