AMGEVITA®- AMSPARITY®- HUKYNDRA®- HULIO®- HUMIRA®- HYRIMOZ®- IDACIO®- IMRALDI®- LIBMYRIS®- YUFLYMA®

Mis a jour le 15/05/2025

Grossesse

Etat des connaissances

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l’adalimumab au 1er trimestre de la grossesse sont très nombreuses et aucun effet malformatif attribuable au traitement n’est rapporté à ce jour.
    • Ceci est cohérent avec l’analogie structurelle entre l’adalimumab et les IgG1 natives dont le passage placentaire ne débute qu’à partir de 14 semaines d’aménorrhée (SA) environ, c’est-à-dire après la fin de l’organogenèse (10 SA).
  • Aspect fœtal et néonatal
    • L’adalimumab passe le placenta. A la naissance, les concentrations plasmatiques néonatales sont supérieures aux concentrations plasmatiques maternelles.
    • Par analogie avec les IgG1 natives, il y a tout lieu de penser que ce passage commence à partir de 14 SA environ et augmente progressivement à partir de ce terme.
    • Parmi plus de 3000 patientes exposées en 2ème partie de grossesse à un anti TNF-α (principalement infliximab et adalimumab), dont environ 1500 au 3ème trimestre, aucun effet attribuable au traitement n’est retenu notamment en termes de prématurité ou d’infections (ayant nécessité une hospitalisation/ la prise d’antibiotiques) chez les enfants suivis jusqu’à l’âge de 5 ans.
  • Aspect infectieux
    • Une légère augmentation du risque infectieux maternel a été observée chez des patientes traitées par un anti TNF-α, dont l’adalimumab, en cours de grossesse.
  • Vaccination des enfants de mères traitées
    • Vaccin BCG : Dans la littérature, on retrouve 5 cas de décès consécutifs à une BCGite disséminée chez des nouveau-nés après exposition in utero à un anti-TNF alpha (Cf. Décès par BCGite disséminée chez des enfants exposés aux anti-TNF alpha en fin de grossesse).
    • Vaccin rotavirus : Dans la littérature, on retrouve environ 170 enfants exposés à un anti-TNF α in utero qui ont été vaccinés contre le rotavirus :
      • Dans la majorité des cas, le délai entre la dernière injection maternelle et la vaccination était supérieur à 13 semaines.
      •  Aucun effet  particulier n’a été rapporté chez ces enfants

En pratique

  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin de faire le point sur la pathologie et son traitement en vue d’une future grossesse.
    • S’il s’avère nécessaire, l’adalimumab peut être poursuivi dans la perspective d’une grossesse.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif de l’adalimumab.
    • Si après avis du prescripteur, l’adalimumab est nécessaire à l’équilibre maternel, voir ci dessous « Traiter une femme enceinte ».
  • Traiter une femme enceinte
    • Si après avis du prescripteur, l’adalimumab est nécessaire à l’équilibre maternel, il peut être utilisé chez une femme enceinte, en programmant dans la mesure du possible une dernière administration au début du 3ème trimestre, ce qui permet une élimination du produit avant l’accouchement
    • En raison de l’immunosuppression maternelle induite par le traitement, tenir compte d’un risque potentiellement accru d’infection en cours de grossesse (listériose, CMV, toxoplasmose…), ce d’autant que le traitement peut masquer la fièvre.
    • Malgré l’absence d’effet rapporté dans la littérature récente sur un effectif important d’enfants exposés à l’adalimumab au 3ème trimestre de la grossesse (Cf. Etat des connaissances),et par analogie avec un autre anti TNF-α de même structure (infliximab), les mesures d’hygiène usuelles restent justifiées afin d’éviter des infections chez les enfants dans les 6 mois qui suivent la dernière injection maternelle.
    • Pour les vaccins chez l’enfant, voir ci-dessous.
  • Vaccination des enfants de mère traitée
    • vaccins inertes (inactivés) : il n’y a pas lieu de retarder la vaccination de l’enfant.
    • vaccins vivants (BCG, rotavirus..) : le protocole vaccinal doit tenir compte du délai depuis la dernière injection maternelle. Au besoin, il peut être utile de réaliser un dosage plasmatique de l’adalimumab chez l’enfant afin de s’assurer qu’il ait bien éliminé le médicament.

Allaitement

Etat des connaissances

  • La concentration d’adalimumab dans le lait est très faible voire indétectable (dosages effectués sur une vingtaine de patientes).
  • L’adalimumab est indétectable dans le sang d’enfants allaités par des mères traitées (dosages effectués sur un petit effectif).
  • Le suivi d’environ 300 enfants allaités en moyenne 7 mois par des mères sous anti TNF-α, dont une centaine sous adalimumab, ne met pas en évidence d’augmentation des infections pendant leurs 12 premiers mois de vie.
  • Par ailleurs, compte tenu de sa structure polypeptidique, l’adalimumab est probablement détruit dans le tube digestif, ce qui rend peu vraisemblable une exposition systémique de l’enfant via le lait.

En pratique

  • Au vu des données disponibles sur l’adalimumab et allaitement (cf. Etat des connaissances), son utilisation est possible chez une femme qui allaite.

Exposition paternelle

Etat des connaissances

  • Fertilité
    • Sur la base des données publiées à ce jour, aucun effet de l’adalimumab sur la fertilité masculine n’est évoqué.
  • Génotoxicité
    • L’adalimumab n’est pas mutagène ni clastogène sur les tests précliniques. Un effet sur le matériel génétique des spermatozoïdes n’est donc pas attendu, ni de répercussion par ce biais sur un futur enfant.
  • Conception au cours d’un traitement paternel
    • Les données publiées concernant des enfants conçus par des hommes sous anti-TNF alpha dont l’adalimumab sont très nombreuses et aucun effet particulier attribuable au traitement paternel, notamment malformatif, n’a été rapporté à ce jour.

En pratique

  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • L’adalimumab peut être poursuivi chez un homme traité qui désire concevoir.
  • Grossesse conçue sous traitement paternel
    • Rassurer le couple quant aux conséquences du traitement paternel par adalimumab sur le futur enfant.
  • Traitement paternel en cours de grossesse
    • L’adalimumab peut être débuté/poursuivi chez un futur père et aucun suivi de la grossesse différent de la surveillance usuelle n’est à envisager.

Voir aussi

← Retour a la liste