ORENCIA®

Mis a jour le 20/03/2024

Grossesse

Etat des connaissances

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l’abatacept au 1er trimestre de la grossesse sont peu nombreuses, mais aucun effet malformatif attribuable au traitement n’est retenu à ce jour.
    • Ceci est cohérent avec l’analogie structurelle entre l’abatacept et les IgG1 natives dont le passage placentaire ne débute qu’à partir de 14 semaines d’aménorrhée (SA) environ, c’est-à-dire après la fin de l’organogenèse (10 SA).
    • L’abatacept n’est pas tératogène chez l’animal (rat, souris, lapin).
  • Aspect fœtal et néonatal
    • Il n’y a pas de donnée publiée sur le passage placentaire de l’abatacept chez l’humain.
    • Cependant, par analogie avec les IgG1 natives, il y a tout lieu de penser que ce passage commence à partir de 14 SA environ et augmente progressivement à partir de ce terme
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l’abatacept aux 2ème et/ou 3ème trimestres de la grossesse sont quasi inexistantes, mais aucun effet fœtal et/ou néonatal particulier attribuable au traitement n’a été rapporté à ce jour.
  • Aspect infectieux
    • Du fait de l’immunosuppression induite par le traitement, un risque accru d’infections materno-fœtales est théoriquement possible chez les femmes enceintes traitées par abatacept.

En pratique

  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin de faire le point sur la pathologie et son traitement en vue d’une future grossesse.
    • Dans la mesure du possible, on préférera une alternative mieux connue dans la perspective d’une grossesse.
    • A noter que l’abatacept s’élimine du compartiment plasmatique en 10 semaines environ.
    • Si le maintien de l’abatacept s’avère indispensable à l’équilibre de la pathologie maternelle, il pourra être poursuivi jusqu’au diagnostic le plus précoce possible de la grossesse.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif de l’abatacept.
    • Si après avis du spécialiste, le maintien de l’abatacept est indispensable : voir ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
  • Traiter une femme enceinte
    • Si le recours à l’abatacept est indispensable à la prise en charge de la pathologie maternelle, son utilisation est envisageable en cours de grossesse.
    • En raison de l’immunosuppression induite par le traitement, la surveillance obstétricale prendra en compte un risque théorique accru d’infection materno-fœtale (listériose, CMV, toxoplasmose…).
    • Le fœtus et/ou l’enfant doit être considéré comme immunodéprimé pendant les 10 semaines qui suivent la dernière injection maternelle, vie fœtale comprise (cf. Etat des connaissances).
    • Les intervenants prenant en charge le nouveau-né devront être avertis du traitement maternel pour :
      • Adapter sa prise en charge, en particulier sur le plan infectieux.
      • Éventuellement différer l’administration des vaccins vivants en fonction de la date de la dernière injection maternelle.

   Si l’une de vos patientes est exposée à l’abatacept en cours de grossesse, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT afin d’enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme enceinte.

Allaitement

Etat des connaissances

  • Les concentrations d’abatacept dans le lait sont très faibles (250 fois moins que la concentration plasmatique maternelle, dosages effectués chez 3 patientes).
  • Les données publiées sur des enfants allaités par des mères sous abatacept sont quasi inexistantes.
  • Aucun dosage plasmatique n’est disponible chez les enfants allaités par des mères traitées par abatacept.
  • Par ailleurs, compte tenu de sa structure (protéine de type IgG1), l’abatacept est probablement en grande partie détruit et non absorbé dans le tube digestif, ce qui rend peu vraisemblable une exposition systémique de l’enfant via le lait.

En pratique

  • Au vu des éléments disponibles sur l’abatacept et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), et en raison des propriétés pharmacologiques de l’abatacept (immunosuppresseur), il est préférable de ne pas allaiter sous abatacept, en particulier si l’enfant est un nouveau-né ou un prématuré.

 

   Si l’une de vos patientes est exposée à l’abatacept en cours d’allaitement, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT afin d’enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme qui allaite.

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