SPRYCEL®

Mis a jour le 20/12/2024

Exposition paternelle

Etat des connaissances

  • Fertilité
    • Chez l’homme, il n’est pas rapporté à ce jour d’effet du dasatinib sur les paramètres spermatiques des patients traités (petit effectif). Avant la mise sous traitement, les paramètres spermatiques semblent cependant pouvoir être déjà altérés chez des patients souffrant de leucémie myéloïde chronique.
    • Chez l’animal, aucune altération de la fertilité n’est observée à des niveaux d’exposition similaires à ceux utilisés en clinique.
  • Génotoxicité
    • Dans les tests précliniques, la génotoxicité du dasatinib est dans l’ensemble négative. Il n’est pas mutagène et pour la clastogenèse, bien que les tests soient discordants, les résultats des tests prépondérants (in vivo) sont négatifs.
    • En cas de conception au cours d’un traitement paternel mutagène et/ou clastogène, le risque théorique est celui d’un effet sur le matériel génétique du spermatozoïde fécondant.
  • Conception au cours d’un traitement paternel
    • Passage dans le liquide séminal
      • A ce jour, il n’y a pas de donnée publiée sur le passage du dasatinib dans le liquide séminal.
    • Données précliniques
      • Chez l’animal,  le dasatinib est embryofoetotoxique et des malformations squelettiques variées (omoplate, fémur, humérus, cotées…) sont rapportés chez les femelles gestantes (rat et lapin) directement traitées à des concentrations plasmatiques inférieures à celles atteintes en thérapeutique.
    • Données cliniques
      • Les données publiées concernant des enfants conçus par des hommes traités par dasatinib sont peu nombreuses (un peu plus de 40 enfants), mais aucun effet attribuable au traitement paternel, notamment malformatif, n’est retenu à ce jour.
  • Avant la mise en route d’un traitement paternel
    • Compte tenu des résultats discordants des tests de clastogenèse malgré une génotoxicité dans l’ensemble négative, une conservation de sperme peut être proposée avant l’instauration du traitement.
  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Bien qu’aucune donnée fiable ne permette actuellement de se prononcer, on proposera d’attendre au moins 3 mois (un cycle de spermatogenèse) entre l’arrêt du dasatinib et une conception.
    • Si un arrêt ou un changement du traitement paternel n’est pas possible en préconceptionnel, voir ci-dessous « Grossesse conçue sous traitement paternel ou dans les trois mois qui suivent son arrêt ».
  • Grossesse conçue sous traitement paternel ou dans les trois mois qui suivent son arrêt
    • Ne pas inquiéter le couple quant aux conséquences du traitement paternel par dasatinib sur le futur enfant.
    • En effet, on peut raisonnablement penser que la quantité de dasatinib qui pourrait être présente dans le sperme et donc éventuellement transmise à la femme enceinte lors de rapports sexuels non protégés est très faible.
    • Pour la suite de la grossesse, en raison des résultats discordants des tests de clastogenèse et des données cliniques peu nombreuses, proposer de principe la réalisation d’un dépistage combiné prénatal précoce et une surveillance prénatale de qualité.
  • Traitement paternel en cours de grossesse
    • Le traitement paternel par dasatinib peut être poursuivi, instauré ou repris chez un futur père.
    • Par précaution, on pourra de principe proposer d’utiliser des préservatifs lors des rapports sexuels avec une femme enceinte jusqu’à 10 SA révolues (fin de l’organogenèse) (cf. Etat des connaissances).

   Si l’un de vos patients a conçu sous dasatinib, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT dès le diagnostic de la grossesse, afin d’enrichir les connaissances sur ce médicament.

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