Halopéridol

HALDOL® – HALDOL® DECANOAS

Mis a jour le 20/06/2025

Grossesse

Etat des connaissances

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l’halopéridol au 1er trimestre de la grossesse sont nombreuses et aucun effet malformatif attribuable au traitement n’est retenu à ce jour. De plus son recul d’usage est important.
  • Aspect néonatal
    • L’halopéridol passe le placenta.
    • Chez les nouveau-nés de mères traitées par de l’halopéridol jusqu’à l’accouchement, en particulier à fortes doses, des symptômes transitoires de type extrapyramidal peuvent parfois apparaître dans les premiers jours de vie. Il s’agit principalement de trémulations.
    • La possibilité de survenue de ces effets néonatals transitoires est à mettre en balance avec les risques de décompensation que pourraient faire courir à la mère une diminution, voire un arrêt, de son traitement.
  • Aspect neurodéveloppemental
    • Les données disponibles n’ont pas mis en évidence de répercussions neurodéveloppementales particulières chez environ 1700 enfants exposés in utero à l’halopéridol et suivis jusqu’à au moins l’âge de 2 ans.
    • Par ailleurs, les données publiées ne permettent pas de retenir, à ce jour, de répercussion des médicaments neuroleptiques/ antipsychotiques sur le devenir neurodéveloppemental des enfants exposés in utero suivis pour certains jusqu’à l’âge de 14 ans. En revanche, le rôle propre de la pathologie maternelle sous-jacente est mis en évidence, ce qui plaide en faveur d’une prise en charge pharmacologique efficace des troubles maternels avérés en cours de grossesse.

En pratique

  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Programmer une consultation préconceptionnelle pour :
      • Reconsidérer l’opportunité d’une grossesse en cas de pathologie psychiatrique déséquilibrée et/ou de traitement psychotrope lourd
      • Réévaluer le bien-fondé du traitement et le réajuster si besoin (cf. Traitement psychotropes et grossesse : les points clés).
      • Prendre en compte les conséquences d’une abstention thérapeutique inappropriée en cours de grossesse. La pathologie maternelle non traitée par un antipsychotique alors qu’elle le devrait, peut avoir un impact négatif propre sur le déroulement de la grossesse (prématurité, petit poids de naissance…) et sur le neurodéveloppement du futur enfant.
    • Si un traitement est justifié, d’autres neuroleptiques/antipsychotiques sont mieux connus que l’halopéridol chez la femme enceinte (cf. Neuroleptiques/antipsychotiques – Grossesse).
    • Cependant si ces options ne sont pas adaptées, l’halopéridol pourra être poursuivi en vue d’une grossesse, quelle que soit la voie d’administration, y compris sous forme retard en :
      • Utilisant la posologie minimum efficace nécessaire à l’équilibre maternel
      • Limitant autant que possible les associations de psychotropes
    • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
      • Ne pas arrêter l’halopéridol sans avis du prescripteur.
      • Rassurer la patiente quant au risque malformatif de l’halopéridol.
      • Le bien-fondé de la poursuite de tout traitement chronique par psychotrope(s) en cours de grossesse doit être clairement établi (cf. Traitement psychotropes et grossesse : les points clés).
      • Si la poursuite d’un traitement est justifiée, voir ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
    • Traiter une femme enceinte
      • Le bien-fondé de tout traitement chronique par psychotrope(s) en cours de grossesse doit être clairement établi (cf. Traitement psychotropes et grossesse : les points clés).
      • Avant 10 semaines d’aménorrhée (SA), si un traitement est justifié, d’autres neuroleptiques/antipsychotiques sont mieux connus que l’halopéridol chez la femme enceinte (cf. Neuroleptiques/antipsychotiques – Grossesse).
      • Cependant si ces options ne sont pas adaptées, ou si la patiente est au-delà de 10 SA, l’halopéridol pourra être utilisé quels que soient le terme de la grossesse et la voie d’administration, y compris sous forme retard en :
        • Utilisant la posologie minimum efficace nécessaire à l’équilibre maternel
        • Limitant autant que possible les associations de psychotropes
      • Si le traitement est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (survenue éventuelle d’effets extrapyramidaux, (cf. Etat des connaissances).
      • Suivi de l’enfant à long terme :
        • Bien qu’aucun effet particulier ne soit décrit à ce jour avec l’halopéridol, comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.

Allaitement

Etat des connaissances

  • La quantité d’halopéridol ingérée via le lait est très variable : l’enfant reçoit entre 0,2 et 10% de la dose maternelle (en mg/kg) (calcul effectué sur les dosages réalisés chez une quinzaine de patientes).
  • Chez les enfants allaités les concentrations plasmatiques d’halopéridol sont également très variables (dosages effectués chez 4 enfants).
  • Aucun événement indésirable n’est retenu parmi une douzaine d’enfants allaités de mères sous halopéridol (posologies essentiellement ≤ 10 mg/j).
  • Rappelons que la demi-vie de l’halopéridol est d’environ 24 heures. Ceci est un facteur de risque d’accumulation de la molécule chez l’enfant allaité.

En pratique

  • Au vu des données disponibles sur l’halopéridol et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), son utilisation est envisageable chez une femme qui allaite si la dose ne dépasse pas 10mg/j.
    • Réévaluer la poursuite de l’allaitement si l’enfant présente des symptômes compatibles avec le profil pharmacologique de l’halopéridol (sédation…).

Voir aussi

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