Olanzapine
ZYPREXA® – ZYPADHERA® – ZYPREXA VELOTAB® – ZALASTA®
Mis a jour le 20/06/2025
Grossesse
Etat des connaissances
- Aspect malformatif
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l’olanzapine au 1er trimestre de grossesse sont très nombreuses et aucun effet malformatif attribuable au traitement n’est retenu à ce jour.
- Aspect fœtal et néonatal
- L’olanzapine passe le placenta. A terme, les concentrations plasmatiques néonatales sont proches de celles de la mère (70% en moyenne).
- Aucun effet particulier attribuable au traitement n’a été rapporté chez les nouveau-nés exposés à l’olanzapine au 2ème et/ou 3ème trimestre de la grossesse.
- En cas de traitement poursuivi jusqu’à l’accouchement, en théorie des effets de type sédatifs sont susceptibles de survenir chez le nouveau-né.
- Aspect neurodéveloppemental
- Les données disponibles n’ont pas mis en évidence de répercussions neurodéveloppementales particulières chez plusieurs milliers d’enfants exposés in utero à l’olanzapine et suivis pour certains jusqu’à au moins l’âge de 5 ans.
- Par ailleurs, les données publiées ne permettent pas de retenir, à ce jour, de répercussion des médicaments neuroleptiques/ antipsychotiques sur le devenir neurodéveloppemental des enfants exposés in utero suivis pour certains jusqu’à l’âge de 14 ans. En revanche, le rôle propre de la pathologie maternelle sous-jacente est mis en évidence, ce qui plaide en faveur d’une prise en charge pharmacologique efficace des troubles maternels avérés en cours de grossesse.
En pratique
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Programmer une consultation préconceptionnelle pour :
- Reconsidérer l’opportunité d’une grossesse en cas de pathologie psychiatrique déséquilibrée et/ou de traitement psychotrope lourd
- Réévaluer le bien-fondé du traitement et le réajuster si besoin (cf. Traitement psychotrope et grossesse : les points clés).
- Prendre en compte les conséquences d’une abstention thérapeutique inappropriée en cours de grossesse. La pathologie maternelle non traitée par un antipsychotique alors qu’elle le devrait, peut avoir un impact négatif propre sur le déroulement de la grossesse (prématurité, petit poids de naissance…) et sur le neurodéveloppement du futur enfant.
- Si un traitement est justifié, l’olanzapine peut être poursuivie en vue d’une grossesse, quelle que soit la voie d’administration et y compris sous forme retard :
- En utilisant la posologie minimum efficace nécessaire à l’équilibre maternel
- En limitant autant que possible les associations de psychotropes.
- En prenant en compte un risque d’hyperglycémie. En effet, un déséquilibre glycémique en période péri-conceptionnelle peut être responsable d’une augmentation de la fréquence des malformations.
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- Ne pas arrêter l’olanzapine sans avis du prescripteur.
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif de l’olanzapine.
- Le bien-fondé de la poursuite de tout traitement chronique par psychotrope(s) en cours de grossesse doit être clairement établi (cf. Traitement psychotrope et grossesse : les points clés).
- Si la poursuite d’un traitement est justifiée, voir ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
- Traiter une femme enceinte
- Le bien-fondé de tout traitement chronique par psychotrope(s) en cours de grossesse doit être clairement établi (cf. Traitement psychotrope et grossesse : les points clés).
- Si un traitement est justifié, l’olanzapine peut être utilisée quels que soient le terme de la grossesse et la voie d’administration, y compris sous forme retard, en :
- Utilisant la posologie minimum efficace nécessaire à l’équilibre maternel
- Limitant autant que possible les associations de psychotropes.
- Surveillant la glycémie maternelle en raison du traitement maternel.
- Attention au risque d’hypotension maternelle en cas d’utilisation de la forme injectable (forme non retard).
- Si le traitement est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer de principe l’équipe de la maternité.
- Suivi de l’enfant à long terme :
- Bien qu’aucun effet particulier ne soit décrit à ce jour avec l’olanzapine, comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.
- Programmer une consultation préconceptionnelle pour :
Allaitement
Etat des connaissances
- La quantité d’olanzapine ingérée via le lait est très faible : l’enfant reçoit environ 1% à 2% de la dose maternelle (en mg/kg) (calcul effectué sur les dosages réalisés chez une dizaine de patientes).
- Chez les enfants allaités, les concentrations plasmatiques d’olanzapine sont le plus souvent indétectables (dosages effectués chez une dizaine d’enfants).
- Un enfant allaité était somnolent alors que sa mère prenait 10 mg/j d’olanzapine. Après diminution de la posologie à 5 mg/j, l’examen clinique s’est normalisé. Il n’a pas été réalisé de dosage plasmatique chez cet enfant.
- Dans la littérature, aucun autre événement particulier n’est à retenir parmi une centaine d’enfants allaités de mères sous olanzapine (posologies essentiellement de 2.5 à 10 mg/j).
- Rappelons que la demi-vie d’élimination plasmatique de l’olanzapine est de l’ordre de 35 heures. Ceci est un facteur de risque d’accumulation de la molécule chez l’enfant allaité.
En pratique
- Au vu des données disponibles sur l’olanzapine et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), son utilisation est envisageable chez une femme qui allaite à une dose inférieure ou égale à 10 mg/j.
- Réévaluer la poursuite de l’allaitement si l’enfant présente des symptômes compatibles avec le profil pharmacologique de l’olanzapine (sédation…).