Rispéridone
RISPERDAL® – RISPERDALCONSTA® – RISPERDALORO®
Mis a jour le 12/09/2025
Grossesse
Etat des connaissances
- Aspect malformatif
- Aspect fœtal et néonatal
- La rispéridone passe le placenta. A terme, les concentrations néonatales correspondent en moyenne à la moitié des concentrations maternelles.
- Chez les nouveau-nés de mères traitées par rispéridone jusqu’à l’accouchement, en particulier à fortes doses et/ou en association à d’autres psychotropes, une hypertonie, des trémulations ou une sédation transitoires peuvent apparaître dans les premiers jours de vie.
- La possibilité de survenue de ces effets néonatals transitoires est à mettre en balance avec les risques de décompensation qu’une diminution, voire un arrêt du traitement, pourraient faire courir à la mère.
- Aspect neurodéveloppemental
- Les données disponibles n’ont pas mis en évidence de répercussions neurodéveloppementales particulières chez plusieurs milliers d’enfants exposés in utero à l’aripiprazole et suivis pour certains jusqu’à au moins l’âge de 5 ans.
- Par ailleurs, les données publiées ne permettent pas de retenir, à ce jour, de répercussion des médicaments neuroleptiques/ antipsychotiques sur le devenir neurodéveloppemental des enfants exposés in utero suivis pour certains jusqu’à l’âge de 14 ans. En revanche, le rôle propre de la pathologie maternelle sous-jacente est mis en évidence, ce qui plaide en faveur d’une prise en charge pharmacologique efficace des troubles maternels avérés en cours de grossesse.
En pratique
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Programmer une consultation préconceptionnelle pour :
- Reconsidérer l’opportunité d’une grossesse en cas de pathologie psychiatrique déséquilibrée et/ou de traitement psychotrope lourd.
- Réévaluer le bien-fondé du traitement et le réajuster si besoin (cf. Traitement psychotrope et grossesse : les points clés).
- Prendre en compte les conséquences d’une abstention thérapeutique inappropriée en cours de grossesse. La pathologie maternelle non traitée par un antipsychotique alors qu’elle le devrait, peut avoir un impact négatif propre sur le déroulement de la grossesse (prématurité, petit poids de naissance…) et sur le neurodéveloppement du futur enfant.
- Si un traitement est justifié, la rispéridone peut être poursuivie en vue d’une grossesse, quelle que soit la voie d’administration et y compris sous forme retard :
- En utilisant la posologie minimum efficace nécessaire à l’équilibre maternel
- En limitant autant que possible les associations de psychotropes.
- En prenant en compte un risque d’hyperglycémie. En effet, un déséquilibre glycémique en période péri-conceptionnelle peut être responsable d’une augmentation de la fréquence des malformations.
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- Ne pas arrêter la rispéridone sans avis du prescripteur.
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif de la rispéridone.
- Le bien-fondé de la poursuite de tout traitement chronique par psychotrope(s) en cours de grossesse doit être clairement établi (cf. Traitement psychotrope et grossesse : les points clés).
- Si la poursuite d’un traitement est justifiée, voir ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
- Traiter une femme enceinte
- Le bien-fondé de tout traitement chronique par psychotrope(s) en cours de grossesse doit être clairement établi (cf. Traitement psychotrope et grossesse : les points clés).
- Si un traitement est justifié, la rispéridone peut être utilisée quels que soient le terme de la grossesse et la voie d’administration, y compris sous forme retard, en :
- Utilisant la posologie minimum efficace nécessaire à l’équilibre maternel
- Limitant autant que possible les associations de psychotropes.
- Surveillant la glycémie maternelle en raison du traitement maternel.
- Si le traitement est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (survenue éventuelle d’une sédation et/ou d’effets extrapyramidaux, cf. Etat des connaissances).
- Suivi de l’enfant à long terme :
- Bien qu’aucun effet particulier ne soit décrit à ce jour avec la rispéridone, comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.
- Programmer une consultation préconceptionnelle pour :
Allaitement
Etat des connaissances
- La quantité de rispéridone ingérée via le lait est faible : l’enfant reçoit jusqu’à environ 5% de la dose maternelle (en mg/kg) (calcul effectué sur les dosages réalisés chez six patientes après des prises orales ne dépassant pas 6 mg/j).
- Chez les enfants allaités les concentrations plasmatiques de rispéridone et de son métabolite actif (9-hydroxy-rispéridone) sont le plus souvent indétectables (dosages réalisés chez cinq enfants).
- Deux épisodes de bradypnée sont survenus chez un nouveau-né allaité dont la mère prenait 1 mg/j de rispéridone. Pas de nouvel épisode après la suspension de l’allaitement maternel pendant les six heures qui suivent la prise de rispéridone.
- Aucun autre événement particulier n’est rapporté parmi une vingtaine d’enfants allaités de mères traitées.
- Rappelons que la demi-vie d’élimination plasmatique de la rispéridone varie de 3 à 30 heures (métaboliseurs rapides et lents), celle de son métabolite est de l’ordre de 24 heures. Ceci est un facteur de risque d’accumulation chez l’enfant allaité.
En pratique
- Au vu des données disponibles sur la rispéridone et l’allaitement (cf. Etat des connaissances), son utilisation peut éventuellement s’envisager, à une posologie inférieure ou égale à 6 mg/j, chez une femme qui allaite, notamment en cas d’allaitement mixte.
- Réévaluer la poursuite de l’allaitement si l’enfant présente des symptômes compatibles avec le profil pharmacologique de la rispéridone (sédation …).