Anakinra
KINERET®
Mis a jour le 25/07/2025
Grossesse
Etat des connaissances
- Aspect malformatif
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l’anakinra au 1er trimestre de la grossesse sont peu nombreuses, mais aucun effet malformatif particulier attribuable au traitement n’est retenu à ce jour.
- L’anakinra n’est pas tératogène chez le singe.
- Aspect fœtal et néonatal
- Il n’y a pas de donnée sur le passage placentaire de l’anakinra chez l’Homme, mais chez le singe il est très faible (de l’ordre de 1%), probablement en raison de son poids moléculaire très élevé. Il y a tout lieu de penser qu’il en est de même dans l’espèce humaine.
- Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l’anakinra aux 2ème et/ou 3ème trimestres de la grossesse sont peu nombreuses, mais aucun effet fœtal et/ou néonatal particulier attribuable au traitement n’a été rapporté à ce jour.
- Aspect infectieux
- Du fait de l’immunosuppression induite par le traitement, un risque accru d’infections materno-fœtales est théoriquement possible chez les femmes enceintes traitées par anakinra.
En pratique
- En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
- Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin de faire le point sur la stratégie thérapeutique en vue d’une future grossesse.
- Si après avis du spécialiste le maintien du traitement s’avère indispensable à l’équilibre de la pathologie maternelle, l’anakinra pourra être poursuivi jusqu’au diagnostic le plus précoce possible de la grossesse afin de réévaluer sa poursuite en cours de grossesse (Cf. « Traiter un femme enceinte »).
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif de l’anakinra.
- Si après avis du spécialiste le maintien de l’anakinra est indispensable à la prise en charge de la pathologie maternelle, voir ci-dessous « Traiter une femme enceinte ».
- Traiter une femme enceinte
- Si le recours à l’anakinra est indispensable car l’abstention thérapeutique ou les options thérapeutiques mieux connues chez la femme enceinte ne conviennent pas, son utilisation est envisageable en cours de grossesse, ce d’autant que son passage placentaire est probablement très faible.
- En raison de l’immunosuppression induite par le traitement, la surveillance obstétricale prendra en compte un risque théorique accru d’infection materno-fœtale (listériose, CMV, toxoplasmose…).
- Les intervenants prenant en charge le nouveau-né seront avertis de principe du traitement maternel.
Allaitement
Etat des connaissances
- L’antagoniste naturel du récepteur de l’IL-1 est présent dans le lait maternel.
- Il n’y a pas de donnée sur le passage dans le lait de l’anakinra, mais en raison de son poids moléculaire très élevé, son passage dans le lait par diffusion passive est probablement négligeable.
- Aucun évènement particulier n’a été rapporté chez une quinzaine d’enfants allaités par des mères sous anakinra et suivis jusqu’à 10 mois en moyenne.
- De plus, compte tenu de sa structure (protéine), l’anakinra est probablement en grande partie détruit au niveau digestif ce qui rend peu vraisemblable une exposition systémique de l’enfant via le lait.
En pratique
- Au vu des données disponibles sur l’anakinra (cf. Etat des connaissances), son utilisation en cours d’allaitement est envisageable si l’enfant se porte bien.
- La poursuite de l’allaitement sera réévaluée en cas de survenue d’infections sévères chez l’enfant.
Si une de vos patientes est exposée à l’anakinra en cours d’allaitement, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT afin d’enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme qui allaite.